"Mon Logement, Ma Vie" - Yvette, 75 ans

« Mon Logement, Ma Vie » – Yvette, 75 ans

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    Dans "Mon Logement, Ma Vie", les seniors ont la parole ! Dans ce septième épisode de la seconde saison, nous nous rendons dans le département du Maine-et-Loire pour y retrouver Yvette, 75 ans, divorcée, grand-mère de 4 petits-enfants. Yvette vit à Brissac, à une petite vingtaine de kilomètres d’Angers.

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    Bienvenue dans ce nouvel épisode de la saison 2 de « Mon Logement, ma vie », le podcast qui donne la parole aux seniors. Un programme à écouter sur Independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. Depuis le début de cette deuxième saison, nous partons à votre rencontre pour prendre de vos nouvelles. C’est évidemment l’occasion d’en savoir plus sur votre environnement, comment vous vivez depuis chez vous cette période décidément pas comme les autres. Pour ce nouveau numéro, nous nous rendons dans le Département du Maine-et-Loire pour y retrouver Yvette, 75 ans, divorcée, grand-mère de 4 petits-enfants. Yvette vit à Brissac, à une petite vingtaine de kilomètres d’Angers.

    Journaliste : Bonjour Yvette, merci de répondre à mes questions. Ma première question est : comment se déroule ce second confinement pour vous et vos proches ?

    Yvette : Pour moi, très bien. J’ai une petite chienne. Je la sors le matin et l’après-midi pendant minimum une demi-heure à ¾ d’heure. Je fais mes courses une fois par semaine. Ça me convient. Je suis très télé, malheureusement. Maintenant, il n’y a que ça à faire, parce qu’autrement, j’allais au bal. Mais, il n’y a plus de bal en ce moment. Donc, on est bien coincés. Enfin, ça ne m’empêche pas en regardant la télé l’après-midi sur Angers 30, il y a de l’accordéon tout l’après-midi, alors des fois je danse.

    Journaliste : Ça fait du bien, hein ?

    Yvette : Oui, ça fait rire.

    Journaliste : Sinon, tout le monde va bien dans la famille ?

    Yvette : Oui, pas de problème. Les enfants sont bien installés. Là-bas, ils sont profs. Ils sont embêtés avec le confinement, mais ça ne me dérange pas. Je suis en colère quand je rencontre des gens qui n’ont pas leur masque et tout ça. Mais bon, à leur respect, il n’y a plus ici en métropole. Donc voilà, chacun pour soi.

    Journaliste : Vous croisez encore des gens qui n’en portent pas ?

    Yvette : Oui, j’en rencontre. Je ne le supporte pas. C’est vrai que prendre des précautions, mettre les masques n’est pas marrant, surtout quand on a des lunettes, ça fait des fois un peu de buée. Mais quand on voit à la télé tout ce qui se passe dans les hôpitaux, les pauvres gens qui sont malades, et qu’on ne fait pas l’effort de mettre un masque, je ne comprends pas. Ce n’est pas si on sort une ou deux heures avec un masque que cela va nous changer la vie. Au contraire, si on a de la chance d’être à la campagne en plus, il ne faut pas exagérer.

    Journaliste : Alors, au moment où on enregistre ce podcast, Yvette, on est toujours en plein confinement. Peut-être que le Président de la République va parler la semaine prochaine pour assouplir un peu les choses, mais est-ce que vous avez des craintes pour les fêtes de fin d’année ? Comment va se dérouler Noël pour vous ?

    Yvette : Ça ne m’inquiète pas, parce que j’ai souvent été toute seule pendant les fêtes de fin d’année. Je ne sais pas si mon fils qui est à Pornic pourra venir. Je ne sais pas du tout. Mais non, ça ne m’inquiète pas.

    Journaliste : Alors du coup, vous faites quoi quand vous vous retrouvez comme ça à Noël ?

    Yvette : Ah bah, je me suis souvent retrouvée toute seule à Noël. Ne vous inquiétez pas. Je mets ma table. Je la décore. Je m’habille comme si je sortais. Comme le dimanche, je m’habille parce que c’est dimanche. Je mets des choses que maintenant, comme je ne vais plus au bal, il y a des choses qu’on ne met plus parce qu’on reste à la maison. J’envoie les photos à mes copines. Je leur dis : « Voilà, c’est dimanche ». Je me fais mon petit repas : des huîtres, des foies gras, des boudins blancs, des petits toasts mais pas de champagne mais du pétillant quoi.

    Journaliste : Vous avez raison. Vous prenez soin de vous.

    Yvette : Exactement. Et je fais très attention au régime.

    Journaliste : Pendant cette période de confinement, comment faites-vous pour échanger avec vos proches ?

    Yvette : Par téléphone. J’ai un frère et une sœur qui habitent à Mûrs-Erigné. Je ne les vois pas beaucoup. J’ai rarement d’appels.

    Journaliste : Avec votre fils, vous échangez par téléphone, via WhatsApp, sur Internet ? Et avec vos petits-enfants, comment ça marche ?

    Yvette : J’ai trois petits-enfants qui sont encore à La Réunion. J’ai un petit dernier là. Il ne peut pas me parler encore. Il est encore trop petit.

    Journaliste : Avec les trois petits-enfants à La Réunion, vous échangez comment ? Par internet ?

    Yvette : Je les appelle sur mon portable de temps en temps. Je ne veux pas couper les liens. Ils se sont séparés, donc voilà.

    Journaliste : Vous avez raison. Vous restez leur grand-mère.

    Yvette : Exactement.

    Journaliste : Vous vous servez de l’attestation pour vous déplacer ? Vous vous déplacez pour quelles raisons maintenant ?

    Yvette : Soit pour aller faire mes courses, soit pour aller à la banque ou promener ma petite chienne, Câline. J’ai une attestation pour la promenade de Câline, et une attestation pour faire mes courses, pour aller à la banque ou quand je vais mettre mon courrier à La Poste.

    Journaliste : On en est au deuxième confinement. Comment le premier s’était passé pour vous ?

    Yvette : Très bien. J’ai fait des travaux. J’ai nettoyé mon petit muret. J’ai fait de la peinture. J’aime beaucoup peindre. Donc, c’est impeccable. Par contre là, c’est un peu plus dur, parce qu’en ce temps je n’ai pas envie de faire grand-chose et de sortir. Si je n’avais pas ma chienne, je ne sortirais pas.

    Journaliste : Heureusement qu’elle est là quelque part.

    Yvette : Ah oui. C’est une compagnie. Je ne pensais jamais que j’aurais été comme ça avec un animal.

    Journaliste : Sinon, quels sont vos hobbies, vos passions dans la vie ?

    Yvette : J’aime la mer. Mais bon, elle est si loin. Autrement, ce sont les vacances. J’en ai eu beaucoup. Avant, j’allais tous les ans à La Réunion passer les fêtes. J’aime aussi la pêche, être au calme. J’allais toute seule à la pêche. Autrement, j’aime peindre, regarder la télé.

    Journaliste : Qu’est-ce que vous peignez ?

    Yvette : Les murs. J’ai peint mon séjour salon. J’ai fait deux couleurs : gris et blanc. Dans ma salle d’eau, j’ai une belle douche maintenant. J’ai des carreaux qui ne plaisent pas du tout. Il va falloir que je les repeigne. Sinon les portes, j’ai tout refait. J’ai repeint celle de mon bureau. J’ai tout retapissé.

    Journaliste : C’est du boulot, hein !

    Yvette : J’adore cela. Maintenant, peut-être que j’aurai un peu plus de mal, car quand je vois comment ils sont, je n’imaginais pas que je serais atteinte de ça, mais j’ai du mal quand je suis baissée à me relever. Mais bon, je peux danser le twist comme il y a 3 ans.

    Journaliste : Vous pouvez encore danser des slows.

    Yvette : Ah oui, mais il faut trouver un cavalier.

    Journaliste : C’est vrai. L’été est maintenant loin derrière nous. Qu’est-ce vous avez fait cet été ? Vous avez pu partir un peu en vacances ? Vous avez un peu bougé ?

    Yvette : Non. Je ne suis pas sortie, parce que mon fils est rentré de La Réunion le 1er août. Donc, je les ai eu tout le mois d’aout à la maison. Autrement, je suis allée à La Baule. J’ai des amis là-bas. J’en ai aussi d’autres dans le Loir-et-Cher où j’ai travaillé pendant 20 ans.

    Journaliste : Finalement, vous avez des points de chute un peu partout.

    Yvette : Oui. J’ai des amis. Je suis très fidèle en amitié. Je ne les embête pas souvent, mais un coup de fil de temps en temps maintient les relations.

    Journaliste : Complètement. Dans le Maine-et-Loire, le virus avant le reconfinement circulait à nouveau activement ?

    Yvette : On n’a pas été tout de suite confinés. Mais, je ne crois pas.

    Journaliste : Est-ce que vous limitiez déjà vos déplacements avant que ce ne soit décidé à nouveau le reconfinement ? Est-ce que cela a une incidence sur votre organisation ?

    Yvette : Non, je suis très maison. J’ai un jardin. J’ai du boulot à faire.

    Journaliste : Depuis que le coronavirus est en France de manière générale depuis le mois de mars, est-ce que quelque part cela a changé aussi vos habitudes ? Est-ce qu’il y a des choses que vous faisiez avant que vous ne faites plus ou moins ? Et au contraire, est-ce qu’il y a des choses que vous faites des choses maintenant que vous ne faisiez pas avant ?

    Yvette : Le fait d’aller voir des amis bien sûr. Je ne vais plus bouger comme je faisais. J’ai limité mes courses. A côté de chez moi, il y a un Leclerc à Brissac. Je ne vais plus à Beaufort. J’en profitais pour aller voir mes amis qui sont âgés. Tous les deux, ils ne sont pas en bon état. Maintenant, je ne peux plus aller les voir. Je leur téléphone. La seule chose qui m’ennuie, c’est le bal. On ne peut plus danser. On pouvait y trouver les amis, copains, copines et rigoler.

    Journaliste : ça va revenir.

    Yvette : On ne sait pas.

    Journaliste : On va croiser les doigts. A 75 ans, vous êtes considérée comme une personne à risque par les autorités sanitaires. Est-ce que cela vous inquiète ?

    Yvette : Pas du tout. Ça me fait rire. Moi, je fais attention. Je m’inquiète pour moi. Je me dis que ma vie est derrière moi. Maintenant, ce que j’ai à advenir. Je ne veux pas souffrir. C’est tout ce que je demande.

    Journaliste : Vous avez des craintes pour l’avenir ? Vous avez dit que pour le vôtre, vous n’en avez pas, mais pour celui de vos proches, de votre fils, de vos petits-enfants du fait des répercussions de cette pandémie ?

    Yvette : Non, parce que je n’y pense même pas. J’espère qu’ils ne vont pas l’avoir et qu’ils vont être prudents. Comme ils sont profs, là ils viennent d’avoir de nouvelles dispositions surtout mon fils qui est dans un lycée où il y a 1 200 élèves. Il m’a dit que l’organisation avait été changée. Au lieu d’avoir 30 élèves dans le cours, ils n’ont en que 15. Il fait attention. Ils ont quand même un gamin de 2 ans.

    Journaliste : Yvette, vous n’avez que 75 ans. Je disais tout à l’heure que vous êtes en bonne santé. Vous êtes indépendante chez vous dans votre logement. Pourquoi est-ce que c’est important d’être indépendant chez soi ?

    Yvette : Ah oui. Je m’étais renseignée il y a 2-3 ans pour voir les résidences seniors. Quand je vois les prix, je ne peux pas payer cela. C’est vrai que c’est joli et tout. Hier soir, j’ai vu une partie de l’émission sur les Ehpad. Je ne me vois pas aller là-dedans. Je me dis « Reste ici. Si c’est ça, autant prendre des médicaments et tu t’en vas. »

    Journaliste : Vous avez vos habitudes en plus chez vous.

    Yvette : Bah oui. C’est la liberté. J’ai une maison de plain-pied en plus. C’est impeccable. Non, c’est très important.

    Journaliste : Chez vous, dans quelle pièce, vous vous retrouvez le plus souvent ?

    Yvette : Dans mon salon l’après-midi. Autrement, je suis dans mon bureau où je suis actuellement. Je me maintiens.

    Journaliste : Vous avez l’air d’être plutôt en forme en tout cas.

    Yvette : Ah oui, très en forme.

    Journaliste : Et avec le sourire.

    Yvette : Ah bah oui. J’aime bien rigoler.

    Retrouvez le podcast "Mon Logement, Ma Vie" par Indépendance Royale sur toutes les plateformes de podcasts :

    Spotify : https://open.spotify.com/show/5B53Kt9KVbRocxyB87UJlH

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    Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin