"Mon Logement, Ma Vie" (Saison 4) - Claudine, 72 ans

“Mon Logement, Ma Vie” (Saison 4) – Claudine, 72 ans

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    Bienvenue dans la Saison 4 de « Mon Logement, Ma vie ». Confinement, déconfinement… depuis l’arrivée de la Covid en France, nous allons à la rencontre des seniors pour prendre de leurs nouvelles. C’est un podcast à écouter sur Independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. Pour le huitième épisode de cette saison 4, nous allons prendre la direction de Morbihan, en Bretagne,  à la rencontre de Claudine, 72 ans, qui vit avec son époux dans leur maison de Saint-Jacut-les-Pins.

    Journaliste : Bonjour Claudine. Merci de répondre à mes questions. Comment s’est déroulée pour vous cette première moitié de l’année ?

    Claudine : ça n’a pas été trop mal mais enfin, c’était mieux avant. Mais, il ne faut pas se plaindre.

    Journaliste : Depuis le déconfinement, et depuis quelques semaines, le variant Delta progresse à vive allure. Est-ce que cela vous inquiète ?

    Claudine : Oui.

    Journaliste : Pour quelles raisons ?

    Claudine : Comme je l’ai dit tout à l’heure, je me demande comment ça va repartir en septembre. Est-ce qu’on va être confinés ? On ne sait pas du tout, on a eu des vaccins. Malheureusement, la moindre chose qu’on fait, on se fait tester à chaque fois. On se demande pourquoi on se fait vacciner.

    Journaliste : Pour contrer une 4eme vague possible, les autorités militent pour qu’il y ait le plus grand nombre de personnes qui se fassent vacciner. Vous en pensez quoi ?

    Claudine : Je me pose des questions, parce qu’on nous dit « étant vacciné, vous ne craignez plus rien » mais on craint toujours puisqu’il faut avoir un PCR à chaque fois. Tout le monde ne s’est pas encore fait vacciner, beaucoup de gens ne veulent pas se faire vacciner.

    Journaliste : Pour inciter les personnes à aller se faire vacciner, le pass sanitaire devient obligatoire dans les lieux publics, les cinémas, les restos, les centres commerciaux… Vous en pensez quoi ?

    Claudine : Pour moi, c’est difficile, personnellement, pour aller dans un restaurant, je n’ai plus envie parce qu’il faut toujours ce truc, et nous vérifier tout à l’arrivée. Donc, on n’y va pas tranquillement si vous voulez. Les grands magasins, c’est pareil. Malheureusement, je suis mal voyante, donc, c’est encore pire. Là, on ne peut plus rien faire.

    Journaliste : Depuis le 9 juin et le déconfinement, est-ce que malgré tout vous avez pu refaire des choses que vous ne faisiez plus avant ?

    Claudine : Non.

    Journaliste : Pour vous, ce n’est pas encore un retour à une vie à peu près normale ?

    Claudine : Pas du tout. On a eu un mariage. Ça a déjà été prévu l’année dernière, il a été reporté avec tout ça. On était quand même 80 mais il fallait tous avoir son PCR négatif avant pour pouvoir assister au mariage.

    Journaliste : Vous avez 72 ans, vous m’avez dit. Vous êtes considérée comme une personne à risque d’un point de vue des autorités sanitaires. Cela vous inquiète ou pas plus que cela ?

    Claudine : Ce n’est pas que je m’inquiète plus, mais on est quand même un petit peu inquiet. Déjà, les grandes surfaces et tout, je sais que je ne peux pas les faire, j’ai peur. Les restaurants, je ne suis pas rassurée non plus alors, je ne sais pas ce que cela va devenir. Personne ne le sait apparemment.

    Journaliste : Avec votre époux, vous vous êtes fait vacciner ?

    Claudine : Oui. Tous les deux, on est déjà vaccinés. On a fait les deux injections. Dès qu’on a su, on s’est fait vacciner aussitôt.

    Journaliste : Comment ça a été ? Il n’y a pas eu d’effets secondaires indésirables ?

    Claudine : Personnellement, je n’en ai pas eu mais, mon mari en a eu lors de la deuxième injection, il a été malade.

    Journaliste : Sinon, dans votre famille, tout le monde va bien ? Personne n’a été malade ?

    Claudine : Si, On a notre neveu qui du côté de sa femme, son papa est décédé du Covid.

    Journaliste : Comment est-ce que vous continuez d’échanger maintenant avec vos proches ? Est-ce que vous continuez à respecter les gestes barrières, la distanciation sociale ?

    Claudine : Ah oui. On respecte quand même.

    Journaliste : Plus de bisous ?

    Claudine : Oui, sauf pour notre fils quand il vient. On est habitués à cela à la maison mais autrement, non.

    Journaliste : Du coup, aujourd’hui, comment est-ce que vous organisez vos journées ? A quoi ça ressemble pour vous une journée type ?

    Claudine : Une journée type, pour moi, ce n’est pas si évidente, parce que je suis mal voyante. J’ai beaucoup de problèmes. J’ai une aide à domicile et c’est très bien. Puis autrement, je m’occupe comme je peux.

    Journaliste : Depuis que le coronavirus est en France, je comprends que ça a changé vos habitudes. Quelles sont les choses que vous ne faites plus ou moins maintenant ?

    Claudine : Comme je vous l’ai dit, je suis mal voyante. Je ne peux plus déjà conduire. Pour faire les magasins, mon mari m’accompagne parce que je veux quand même aller dans des petits magasins faire nos courses. Il vient avec moi, parce que je ne peux pas faire autrement, mais, les sorties, on n’en fait pas.

    Journaliste : Vous êtes dans une maison ou un appartement ?

    Claudine : Non, une maison.

    Journaliste : Donc, vous avez un jardin. Vous pouvez en profiter quand même.

    Claudine : Oui, on en a pas mal profité.

    Journaliste : Au moins, vous profitez de l’été.

    Claudine : C’est cela. Déjà, je ne suis dehors et je fais ce que je peux. Je ne peux pas faire beaucoup, mais je suis quand même dehors.

    Journaliste : Claudine, vous avez des craintes pour l’avenir ? Le vôtre, bien évidemment, mais celui de vos proches aussi, en raison de la pandémie et de ses répercussions. Je pense notamment d’un point de vue économique.

    Claudine : Exactement, on se tracasse pour nos petits-enfants, on se demande comment ils vont y arriver.

    Journaliste : Cela vous tracasse ?

    Claudine : Oui.

    Journaliste : Ils travaillent tous ?

    Claudine : Pour l’instant, oui. Ils travaillent tous. On en a deux petits-enfants, dont une qui est à la frontière suisse, et l’autre est à Annecy. Les autres ne sont pas très loin de chez nous, ils sont à dans le Morbihan et ils travaillent.

    Journaliste : En dehors de votre problème de vue, vous m’apparaissez, en tout cas quand je vous écoute, comme quelqu’un plutôt en bonne santé. Vous êtes indépendante chez vous, dans votre logement, avec votre mari. Pourquoi cette indépendance chez soi est importante ?

    Claudine : Je préfère rester comme ça pour l’instant. J’ai mes repères, je connais le détour, la maison, dehors. Je ne peux pas aller en dehors enfin pas  toute seule.  Si je ne connais pas, je ne peux pas.

    Journaliste : Chez vous, dans quelles pièces vous vous retrouvez le plus souvent ?

    Claudine : Dans la salle à manger et le salon. C’est là que je vis maintenant.

    Journaliste : Vous y faites quoi ? Vous regardez la télévision ? Vous écoutez la musique ?

    Claudine : Pas trop la télé, parce que je n’ai pas trop le droit de la regarder avec mes yeux. Je me suis fait opérer, mais bon, malheureusement, rien a réussi. Il faut gérer beaucoup la lumière.

    Journaliste : Le moral, ça va quand même ?

    Claudine : Pas trop.

    Journaliste : C’est là qu’on s’aperçoit que la perte de l’audition, c’est quelque chose. Mais la vue, c’est quand même plus compliqué.

    Claudine : C’est compliqué, parce qu’on faisait beaucoup de marches tous les deux. On faisait beaucoup de choses à l’extérieur et j’ai tout arrêté. Moralement, ça m’a affecté.

    Journaliste : En espérant que tout finisse par aller mieux. Je parle d’un point de vue sanitaire. Et que le confinement soit définitivement derrière nous. Est-ce qu’il y a des choses malgré tout que vous allez à nouveau vous autoriser à faire ?

    Claudine : ça va dépendre de ce qu’on va nous donner en septembre. Peut-être qu’on va retomber dans le confinement.

    Journaliste : J’espère que vous avez tort.

    Claudine : Oui, On aime les voisins, on se voit beaucoup. C’est plus du tout la même chose.

    Journaliste : Il y avait le monde d’avant et le monde d’après.

    Claudine : Voilà.

    Journaliste : Claudine, qu’est-ce que je peux vous souhaiter malgré tout pour la suite ?

    Claudine : Que tout s’arrange ! Qu’on reprenne une vie à peu près normale.

    Journaliste : C’est tout le mal que je vous souhaite.

    Claudine : Oui. Exactement.

     

    Un grand merci à Claudine pour son témoignage. Puis évidemment, merci à vous aussi les auditeurs de MLMV. C’est un programme à retrouver sur le site Internet Independanceroyale.com. Vous pouvez également vous abonner à ce rendez-vous depuis l’ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. A très vite !

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