"Mon Logement, Ma Vie" - Marguerite, 85 ans

« Mon Logement, Ma Vie » – Marguerite, 85 ans

Dans "Mon Logement, Ma Vie", les seniors ont la parole ! Dans ce dixième épisode de la seconde saison, nous vous emmenons dans la région du Auvergne-Rhône-Alpes pour retrouver Marguerite, une grand-mère et arrière-grand-mère pleine de vie. Marguerite a 85 ans. Elle réside à quelques kilomètres de Lyon dans son appartement.

Bienvenue dans ce nouvel épisode de la saison 2 de « Mon logement, ma vie », le podcast qui donne la parole aux seniors. Un programme à écouter sur Independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcast. Vous le savez. Depuis le début de cette deuxième saison, nous partons à votre rencontre, pour prendre de vos nouvelles. C’est évidemment l’occasion d’en savoir plus sur votre environnement, sur comment vous vivez depuis chez vous cette année 2020 décidemment pas comme les autres. Pour ce nouveau numéro, nous vous emmenons dans la région du Auvergne-Rhône-Alpes pour retrouver Marguerite, une grand-mère et arrière-grand-mère pleine de vie. Marguerite a 85 ans. Elle réside à quelques kilomètres de Lyon dans son appartement.

Journaliste : Bonjour Marguerite. Merci de répondre à mes questions. Ma première question est : comment se déroule ce second confinement pour vous et vos proches ?

Marguerite : Je crois que c’est comme le premier. On s’y fait. On est bien obligé. Mais pour moi, ça va. J’accepte. Puisqu’il faut passer par là, j’accepte.

Journaliste : Sinon, tout le monde va bien dans votre famille ?

Marguerite : Tout le monde va bien. On se téléphone. Sur WhatsApp, je reçois souvent des photos des petites comme je suis en contact avec eux. Ils ne sont pas loin. Ils sont dans la région lyonnaise. Ma fille est en haut de Lyon. Mon fils vers Brignais. Malgré tout, on ne se voit pas, puisqu’on n’a pas le droit de se voir.

Journaliste : Comme les restrictions vont s’assouplir un peu – on va passer de 1 km à 20 km – vous allez peut-être vous voir ou pas ?

Marguerite : Oui, bien sûr. Le trajet est de 3 heures. C’est encore vite fait. Finalement, ça m’arrange mieux, puisque j’ai mes copines qui ne sont pas toutes à côté, je peux aller en voiture jusqu’à chez elles, puis faire un tour dans leur quartier. Beaucoup n’ont pas de voitures. Donc, c’est moi qui me déplace.

Journaliste : Vous pensez quoi du fait d’être une seconde fois confiné ? Comment est-ce que vous le vivez ?

Marguerite : Pour moi, c’est bon. Je vois que pour les jeunes, c’est un peu difficile. J’ai mon petit-fils qui habite Paris et qui fait du télétravail. Il dit que maintenant ça commence à être long. Je pense que beaucoup de personnes ne le supportent pas, mais pour moi ça va très bien.

Journaliste : Est-ce que vous avez des craintes pour les fêtes de fin d’année ? Comment Noël va se dérouler pour vous ?

Marguerite : Eh bien, je pense qu’on se réunira bien sûr. Mais il faut émettre quelques réserves quand même. Surtout le réveillon de Noël, je suis chez ma fille. Beaucoup de famille se réunit, on doit être au moins 16. Ma fille m’a dit « on ne fera pas le repas. On fera un lunch ». On laissera les fenêtres ouvertes souvent. Je ne peux pas dire que je m’approcherai beaucoup des jeunes. Mais autrement, ça ne me dérange pas. Puis, je pense que je peux l’avoir et que mon corps a supporté. Puisque lors de la première vague, j’étais en contact avec une personne qui l’a eu. Je n’ai pas eu de symptômes. Je me sens assez forte pour supporter ça.

Journaliste : Oui, mais il vaut mieux prévenir que guérir et faire attention.

Marguerite : Voilà.

Journaliste : Dites-nous, Marguerite, à quoi ressemblent vos journées du matin au soir avec ce nouveau confinement ?

Marguerite : Ecoutez, le matin, je me prélasse. C’est sûr. Je sais que je vais moins vite que d’habitude, parce que j’ai le temps. Puis, l’après-midi, des jours il fait encore très beau, j’ouvre mes fenêtres jusqu’à 5h du soir. Je fais mon tour dans le quartier. Je vais voir une amie qui n’est pas très loin. Mais, je n’entre pas chez elle. Autrement, je vis normalement.

Journaliste : Vous allez faire vos courses ?

Marguerite : Pas trop souvent. Ce qui m’a surpris, c’est que je n’ai plus envie de faire les magasins. Quand je vais dans les grandes surfaces, je prends ce dont j’ai besoin. Comme je l’ai dit, cette année, les cadeaux seront restreints, parce que je n’ai pas envie de faire les magasins.

Journaliste : Vous avez peur ? Vous avez une crainte ?

Marguerite : Non, je ne pense pas. Je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire l’impression que ça me fait. Mais, l’autre fois, je suis allée à Auchan, parce que j’étais obligée pour mon téléphone. J’en ai profité pour faire mes commissions à l’intérieur. J’ai pris deux ou trois courses. Puis, j’avais envie de rentrer. Je suis rentrée assez rapidement.

Journaliste : Comme quoi, c’est une période différente des autres.

Marguerite : Oui.

Journaliste : Vous me disiez tout à l’heure que vous vous prélassez le matin. Vous faites quoi dans votre maison ?

Marguerite : Je me lève facilement à 7h 45. Le temps de déjeuner, après je me prépare toujours un très grand jus de fruits avec des fruits de saison : kiwi, pamplemousse, orange, grenadine… Je mets même du curcuma et du gingembre. Ça veut dire que je fais vraiment un jus de fruits tous les matins.

Journaliste : Ah, il est costaud celui-là.

Marguerite : Il est costaud. C’est pour cela que je pense que dans la journée je suis très bien. Il faut un certain temps pour décortiquer tout ça. Il faut une heure pour faire mon déjeuner et le jus de fruits. Après, je fais le ménage. Puis, je prépare mon dîner. Midi arrive assez rapidement. Il suffit qu’une copine me téléphone et qu’on reste une heure ou une heure et demie au téléphone.

Journaliste : Ah, les copines sont des pipelettes.

Marguerite : Parce qu’on ne se voit pas, on a toujours quelque chose à se dire.

Journaliste : Sinon, quels sont vos hobbies/passions ?

Marguerite : Ce que j’aime beaucoup, c’est la danse.

Journaliste : Vous dansiez avant ?

Marguerite : Ah oui. Je fais la country et la danse du monde.

Journaliste : Super Marguerite. Dites donc, vous avez la pèche !

Marguerite : Oui.

Journaliste : Et vous vous réunissez comment ? C’est un club, une association ?

Marguerite : C’est une association. ça se passe lundi soir : une heure et demie de country, un quart d’heure d’arrêt et une heure et demie de folk.

Journaliste : Vous devez être bien fatiguée après une soirée comme ça ?

Marguerite : Ça va. À un moment, je me dis que j’arrête, mais non.

Journaliste : Vous avez hâte que cela reprenne ?

Marguerite : Ah oui. Puis, autre chose que j’aime beaucoup, c’est la natation. Ça me prive aussi. Il faut l’accepter.

Journaliste : L’été est maintenant loin derrière nous. On s’approche de l’hiver à grands pas. Qu’est-ce que vous avez fait cet été ? Vous avez pu partir un peu en vacances ?

Marguerite : Non. J’ai aussi un plaisir, c’est celui de voyager. J’ai beaucoup voyagé. On devait faire un voyage au mois de septembre avec une amie qu’on n’a pas pu faire évidemment. Ça me manque aussi. C’est vrai que les années passent. Ce n’est pas évident. Mais, j’aimerais encore visiter quelques pays que je ne connais pas.

Journaliste : Comme lesquels ?

Marguerite : Toute ma famille, surtout du côté de mon gendre parce qu’il a trouvé du travail là-bas, c’est New-York. C’est ce qu’on devait faire. Finalement, ça ne s’est pas fait. Je suis allée en Chine et on m’a dit que c’est pire que New York.

Journaliste : Vous êtes une globetrotteuse ?

Marguerite : On a fait beaucoup de voyages. Un jour, mon arrière-petite-fille m’a dit : « Qu’est-ce que tu as fait comme voyage mamie ? » J’ai compté et ça fait plus de 30.

Journaliste : Marguerite, peu importe vos 85 ans, tant que vous avez la santé, vous continuez à bouger. C’est bien.

Marguerite : Bien sûr. Je vous dis. Il faut avoir des projets. J’ai toujours des projets de faire des voyages.

Journaliste : A 85 ans, vous êtes considérée malgré tout comme une personne à risque par les autorités sanitaires. Est-ce que cela vous inquiète ?

Marguerite : Ah non. Ce n’est pas moi. Je ne me considère pas comme une vieille malheureuse, une personne âgée.

Journaliste : Sinon, est-ce que vous avez des craintes pour l’avenir, le vôtre mais surtout celui de vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants…, en raison de la pandémie et de ses répercussions d’un point de vue économique par exemple ?

Marguerite : D’un point de vue économique, oui. Je pense que ça va être très dur. C’est vrai que tous ces jeunes n’ont pas été habitués. Moi, je suis passée par la guerre, parce que je suis née en 1935. A nos âges, on a eu tout ça. Même si on était gamine, ça reste. J’ai dit à mon petit-fils « tu sais à 4 ans, on a eu le couvre-feu à 10h ». On a subi beaucoup de choses, alors que les jeunes ont tellement la liberté et ont tout ce qu’ils veulent. Ça va être très dur pour eux. Je pense qu’ils supportent moins que nous.

Journaliste : Je rappelle que vous avez 85 ans. Vous êtes en bonne santé. Vous êtes indépendante chez vous dans votre logement. Pourquoi est-ce que cette indépendance chez soi est-elle importante ?

Marguerite : On fait ce qu’on veut déjà. Je suis bien chez moi. J’ai acheté cet appartement il y a très longtemps, en 1962. Je l’ai réparé à ma façon. Je l’ai meublé à ma façon. Je suis bien. Ce qui me plaît de rester dans mon appartement, c’est qu’il y a des enfants dehors. Il y a un grand parc dehors. C’est la vie. Alors que si on est dans ces Ehpad, on aura des personnes âgées. Ça ne me convient pas. Il y a une maison à côté qui est 4 saisons, c’est-à-dire que c’est tout mélangé. Il y a des familles, des personnes dépendantes… Mélangé comme cela, c’est bien.

Journaliste : C’est mieux pour le moral et la santé aussi.

Marguerite : Voilà. Parce que si vous ne voyez que des personnes âgées, des gens qui rabâchent, qui se plaignent, c’est déprimant. On n’a pas à se plaindre. Il faut voir plus haut. C’est comme cela qu’on arrive à vivre très bien. Je sais que beaucoup de personnes sont plus aisées que moi. Mais moi, je suis contente de ce que j’ai. J’estime que je suis très heureuse.

Journaliste : Ce sera ma dernière question Marguerite. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Marguerite : Pour moi personnellement, une longue vie, mais surtout en bonne santé. Je souhaite à tout le monde que tout s’arrange.

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Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin