"Mon Logement, Ma Vie" - Lucette, 69 ans

« Mon Logement, Ma Vie » – Lucette, 69 ans

Sommaire

    Dans "Mon Logement, Ma Vie", les seniors ont la parole ! Dans ce douzième épisode de la seconde saison, nous nous rendons à Moselle, retrouver Lucette. Elle a 69 ans, elle vit avec son mari à quelques kilomètres de Saint-Avold.

    YouTube video

    Bienvenue dans ce nouvel épisode de la saison 2 de « Mon logement, ma vie », c’est le podcast qui donne la parole aux seniors. Un programme à écouter sur independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcast. Depuis le début de cette deuxième saison, nous partons à votre rencontre pour prendre de vos nouvelles. C’est évidemment l’occasion d’en savoir plus sur votre environnement, sur comment vous vivez, avez vécu depuis chez vous cette année 2020, décidément pas comme les autres. Cette semaine, nous nous rendons à Moselle, retrouver Lucette. Elle a 69 ans, elle vit avec son mari à quelques kilomètres de Saint-Avold.

    Journaliste : Bonjour Lucette et merci de répondre à mes questions. Alors la première question : comment s’est déroulé ce second confinement pour vous et vos proches ?

    Lucette : Le premier confinement c’était catastrophe parce que mon mari ne voulait pas que je sorte. Il avait très peur comme nous avons un problème de santé. Mais là, j’ai décidé que j’allais marcher une heure tous les jours. Je vais marcher tous les jours dans la forêt, puis c’est merveilleux. C’est très dur un confinement où on ne voit personne, on ne parle à personne. Tout le monde est triste.

    Journaliste : La fin d’année approche. Avec les fêtes de fin d’année aussi, est-ce que vous avez des craintes justement pour les fêtes de fin d’année ?

    Lucette : Je pense que les gens ne sont pas raisonnables parce que s’ils ne font pas attention. Alors, on ne s’en sortira jamais parce que voilà. Vous allez voir ça au mois de janvier parce qu’on comprend tout à fait les jeunes qui ont 20 ans. Il n’y a plus de discothèques. Il n’y a plus de bars. Il n’y a plus rien. Voilà, ils ne peuvent plus rien faire. Il y en a qui vont se réunir et puis il y aura de nouveau une troisième vague de confinement au mois de janvier. C’est sûr si alors maintenant il y aura les sports d’hiver. Les gens veulent aller faire des sports d’hiver. Ça va être une catastrophe. Je pense qu’on ne s’en sortira jamais.

    Journaliste : Vous avez des craintes pour la suite ?

    Lucette : Oui, parce que vraiment les gens font… Nous ça va, les petits villages. On fait encore attention et tout. Mais les gens qui sont dans les grandes villes, je pense que c’est quand même grave et que personne ne fait des efforts. Il faudra se priver à Noël mais ce n’est pas facile pour les gens qui ont de la famille. C’est compliqué.

    Journaliste : Puisque vous parlez de Noël, comment est-ce que vous allez organiser votre Noël et fêtes de fin d’années ?

    Lucette : Nous c’est vite fait parce qu’on n’est qu’à deux avec mon mari. Mes parents ne sont plus là, ses parents à lui aussi. J’ai mon frère qui habite dans le Nord. On ne pourra pas y aller. Alors, ce sera un Noël à deux, avec mes animaux. Voilà et ça sera très bien. Noël, je ne sais pas si on est en bonne santé tous les deux et puis on va faire un petit repas amélioré. Voilà.

    Journaliste : Vous avez déjà une petite idée de votre repas ?

    Lucette : Ah oui ! Tous les ans, c’est la même chose.

    Journaliste : Ah ! Dites-moi.

    Lucette : Je viens près du Nord, près de la mer du Nord. Alors, c’est mes crustacés. J’adore mes huitres. Pour moi, c’est toujours la même chose. C’est mon homard, langoustes, mes huitres, mes crevettes grises, mes crevettes, voilà. Et puis après, il y aura la bûche traditionnelle. Alors certainement une petite coupe de champagne à Noël, puis voilà.

    Journaliste : Oui, parce que Noël sans bulles ce n’est pas un Noël !

    Lucette : Non. Surtout que j’adore ça.

    Journaliste : A quoi ça ressemble pour vous une journée type en confinement, du matin jusqu’au soir ?

    Lucette : Il faut qu’on s’occupe. Ecoutez, j’ai quatre chats. Alors, j’ai déjà beaucoup de travail avec eux. Je m’en occupe beaucoup, car mes chats ne vont pas dehors. Ils restent à la maison. Le matin, je leur donne à manger. Après, il faut les nettoyer les litières. Après, je fais mon petit ménage. Puis, je prépare doucement le repas, voilà. L’après-midi, ce que j’aime bien en ce moment c’est les films de Noël à la télé. Alors, j’adore ça.

    Journaliste : Qu’est-ce qui vous plaît dans les films de Noël ?

    Lucette : Ah, la déco. Bien sûr, c’est beaucoup tourné en Amérique. Ils sont tous en famille. Moi, je me retrouve sans famille. C’est ce qui me manque quand même au moment de Noël. Quand on se retrouve à deux avec mon mari, c’est un peu difficile, mais bon voilà.

    Journaliste : Oui parce que habituellement vous fête ça avec votre frère, c’est ça ?

    Lucette : A l’époque à nos parents vivaient, moi c’était traditionnel. À Noël, je partais toujours dans le Nord et je faisais Noël avec mes parents, mon frère. Noël, on se préparait au moins 3 semaines avant : les cadeaux, voilà. J’étais contente de retourner dans le Nord pour voir mes parents. C’était une très belle journée. Mais seulement je ne m’en suis pas rendue compte quand tes parents vivent, on ne s’imagine pas qu’un jour ils vont partir. Alors, oui maintenant, c’est un peu plus dur parce qu’on pense toujours aux gens qui ne sont plus là. Donc, j’avais des parents super formidables, très jeunes de caractère. Oui, ça me manque. Je crois qu’au moment de noël, on a envie de voir nos proches.

    Journaliste : A 69 ans pour certaines personnes et notamment les autorités sanitaires, vous pouvez être considérée comme une personne à risque. Est-ce que ça vous inquiète ?

    Lucette : Pour moi oui surtout parce que là j’ai déjà fait 3 pneumonies et justement là je dois faire un vaccin pour la pneumonie justement. Alors c’est pour ça que pour le premier confinement mon mari ne m’a pas du tout laissé aller dehors. Heureusement que j’ai un grand jardin avec des arbres et tout. Mais je peux vous dire que je connais tous mes arbres par cœur, voire les feuilles, les branches. On ne voyait personne. Je ne voyais personne. J’étais dans mon jardin et ça c’était très dur. Et là c’est le deuxième confinement qui est loin d’être fini. C’est bien parce que je ne suis pas très loin de la forêt. Donc, j’adore la forêt. C’est reposant, voilà.

    Journaliste : Lucette, depuis que le coronavirus est en France, est-ce que ça a changé vos habitudes ? Est-ce qu’il y a des choses que vous faisiez avant et que vous ne faites plus ou moins ou au contraire est-ce qu’il y a des choses que vous ne faisiez pas avant et que vous faites maintenant ?

    Lucette : Oui, je ne vais qu’une fois par mois aux courses. Heureusement qu’on est à deux et puis on a nos habitudes. On prend toujours à peu près les mêmes articles. Pour moi, c’est beaucoup de fruits, voilà. Ce qui me manque c’est de ne plus faire du sport. J’adore aller à la piscine. J’étais dans un club cure et santé de gymnastique. Je ne vois plus mes petites mamies, voilà. Ça me manque énormément. On mettait une bonne ambiance. Elles étaient très âgées les petites mamies, mais on rigolait bien. Elles étaient sympas. Vous voyez elles étaient contentes de voir des plus jeunes. Elles nous ont toujours fait les petites jeunettes parce que forcément elles avaient 85 ans. On était plus jeunes, et la piscine, surtout la piscine. J’espère qu’en mois de janvier, on pourra retourner à la piscine.

    Journaliste : Ca vous détend ? Ca vous fait du bien ?

    Lucette : Oui malgré que j’ai très peur de l’eau mais je vais à la piscine. Puis, elle est une super bonne ambiance. On est une bonne équipe. On est tous à peu près du même âge. Forcément, on y va le matin. On est tous en retraite. Voilà. Ah oui, ça me manque énormément. Puis ils sont une bonne équipe. Ils sont tous bien avec nous.

    Journaliste : C’est votre moment à vous, quoi ?

    Lucette : Voilà. On est toujours qu’à deux à la maison. Alors c’est vrai que j’ai besoin de voir du monde. J’ai besoin de et là le covid ça a tout gâché. Je ne peux plus aller voir…j’ai des cousines par ici. J’étais très proche d’une cousine que je ne vois plus. On se téléphone, mais ce n’est pas la même chose. On se demande des nouvelles, mais c’est vrai que les gens, ils sont tous tristes. Il y en a qui craint. Il y en a qui ne le supporte plus. Il n’y a plus rien, c’est dommage. Malheureusement, je pense que ce n’est pas fini. Je crois qu’on en est là pour 4 ou 5 ans si ce n’est pas encore plus.

    Journaliste : Ah, ne parlez pas de malheur.

    Lucette : Si, je n’ai pas peur moi. Non, ce n’est pas fini ce truc-là.

    Journaliste : Vous ne croyez pas au vaccin ?

    Lucette : Non, pas du tout. En tout cas, je ne le ferais pas. C’est mon opinion personnelle. Il y a certains…. il faut plus de 10 ans pour qu’ils arrivent à le trouver. Et là en 6 mois de temps, ils en ont trouvé un. Non, c’est mon avis.

    Journaliste : Oui, vous avez raison de l’exprimer surtout que je vous posais la question. Lucette, vous avez 69 ans. Alors, vous m’avez parlé de vos problèmes de santé avec les pneumonies. Mais ce qui a de bien quand on vous écoute, quand même, c’est que voilà tout va bien dans votre tête. En tout cas, vous êtes indépendante chez vous, dans votre logement. Pourquoi c’est important cette indépendance chez soi d’après vous ?

    Lucette : J’ai vu mes tantes qui étaient dans les EHPAD. Quand je rentrais des Ehpad, je me mettais à pleurer à la maison. Je disais à mon mari, mon dieu heureusement que j’ai gardé maman. Heureusement que ma mère avait aussi, c’est normal quand on vieillit qu’on a un problème de santé, et les derniers 7 ans je l’ai repris à la maison. Elle était très heureuse, chouchoutée, gâtée. Mon dieu, mon dieu dans les époques, je suis désolée pour moi ce n’est pas possible.

    Journaliste : Alors que chez vous, vous avez vos repères.

    Lucette : Voilà.

    Journaliste : Chez vous, dans quelle pièce vous vous retrouvez le plus souvent ?

    Lucette : Je suis toujours dans la salle à manger. J’occupe ma maison de partout. Matin, je veux bien déjeuner dans la cuisine. Après à midi, je mange dans ma salle à manger. On ne mange pas avant une heure. On garde la télé. On garde les informations. J’adore les reportages. J’aime beaucoup les reportages animaux.

    Journaliste : Qu’est-ce que vous allez faire de beau aujourd’hui ? C’est quoi votre programme de la journée ?

    Lucette : Qu’est-ce que je vais encore faire ? Mon mari a rendez-vous. Il doit faire un IRM à l’hôpital alors je vais l’accompagner. Puis après on rentre parce qu’on ne va pas dans les magasins. C’est ça qui est dommage. Sinon, j’aime bien les déco de Noël. J’aime bien aider mon mari à mettre les déco de Noël mais il y a trop de monde dans ces grandes villes. C’est noir de monde. Alors cette année, on n’a pas le droit à un chalet de Noël. Tous les beaux chalets de Noël, les lumières, tout ça c’est magnifique. Voilà. Je trouve que cette année, je pense que les gens sont tristes. Tout le monde parle du covid. Oui, on croit que les gens, ils en ont marre.

    Journaliste : En plus si vous dites que ça va durer 4 ans, vous imaginez un peu ?

    Lucette : Ah bon, 5 ans ce n’est pas fini. Ce n’est que le début.

    Journaliste : Lucette, je vais évidemment vous remercier d’avoir gentiment répondu à mes questions. Honnêtement et ce n’est pas contre vous, j’espère que vous avez tort sur la durée. Franchement parce que c’est déprimant. En tout cas, je vais vous souhaiter une bonne continuation à vous et à votre mari. Et qu’est-ce que je peux vous souhaiter pour la suite ?

    Lucette : Ah la santé, puis le plus longtemps possible d’être à deux.

    Spotify : https://open.spotify.com/show/5B53Kt9KVbRocxyB87UJlH

    Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1157212

    Podcast Addict : https://podcast.ausha.co/mon-logement-ma-vie/

    Apple podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mon-logement-ma-vie/id1510535949

    Tune in : https://tunein.com/podcasts/Health--Wellness-Podcasts/Mon-logement-ma-vie-p1320021/

    Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin