"Mon Logement, Ma Vie" Episode 12

« Mon Logement, Ma Vie » Episode 12

Dans "Mon Logement, Ma Vie", les seniors ont la parole ! Dans cet épisode, rencontre avec Gabrielle, 89 ans qui réside dans les Côtes d'Armor avec son époux dans la commune de Le Vieux Marché.

Dans "Mon Logement, Ma Vie", les seniors ont la parole ! Dans cet épisode, rencontre avec Gabrielle, 89 ans qui réside dans les Côtes d'Armor avec son époux dans la commune de Le Vieux Marché.

Journaliste : Comment ça se passe cette période ?

Gabrielle : Ah bah nous, on n’est pas sortis. On a suivi vraiment les directives. On n’a pas bougé du tout de la maison. On n’est pas sortis du tout. Enfin si, dans le jardin. On va dans le jardin. Mon mari a comme un fauteuil, un monte-escalier. Donc il peut descendre et aller dans le jardin. Et autrement nous ne sommes pas sortis. On a bien respecté, c’est pour ça qu’on veut continuer…

Journaliste : D’accord ! Comment est-ce que du coup vous organisez vos journées, du matin jusqu’au soir ?

Gabrielle : Pour moi, ça passe très vite.

Journaliste : C’est-à-dire ?

Gabrielle : Le matin on ne se lève pas trop tard, à 8h30. Après je donne le petit déjeuner à mon mari au lit. Après je fais ma toilette. J’aide mon mari à faire sa toilette puisqu’il ne peut pas. J’ai des infirmiers qui viennent deux fois par semaine pour lui faire la grande toilette. Et voilà puis manger. Ça passe très vite. Je ne m’ennuie pas.

Journaliste : Oui, comment vous faites justement parce que vous me disiez que vous ne sortiez pas, comment est-ce que vous faites pour votre cuisine, faire les courses ?

Gabrielle : Ah je fais la cuisine et j’ai trouvé une supérette qui est à 5 km d’ici. Je téléphone et il m’amène les courses une heure après ou deux heures qu’importe. Je commande mes courses et il me ramène tout. Il prend mon pain à la boulangerie, tout. J’ai téléphoné au pharmacien ce matin pour qu’il me livre mes médicaments, mon renouvellement. Ah oui, on est organisés, on est bien organisés. Ça se passe très bien, on n’a pas à se plaindre. Je pense aux autres personnes, à tout le monde, au personnel et les personnes qui sont seules. Je suis sûre que c’est dur.

Journaliste : Qu’est-ce que vous pouviez faire avant le confinement que vous ne pouviez plus faire maintenant et qui vous manque peut-être un peu ?

Gabrielle : Ah ce qui me manque un peu, c’est ma petite course que j’aimais bien parce que j’allais à mon petit casino, je voyais mes petites caissières. On discutait un petit peu et ça me manque un petit peu. Ça a été quand même de voir… On arrive mieux à acheter quand on est sur place que là c’est souvent qu’il manque quelque chose au dernier moment, on dit « oh, j’ai oublié ceci ». Maintenant je marque à chaque fois que ça me revient que j’ai quelque chose qui me manque. Mais en dehors de cela, mes enfants me manquent quand même. Mon fils qui venait nous voir tous les 15 jours et puis mes petites filles, mes pupuces mais enfin il y a pire !

Journaliste : Comment est-ce que vous faites justement pour échanger avec vos proches, que ce soient vos enfants ou vos petits-enfants ?

Gabrielle : Un petit coup de téléphone, c’est tout ! On se passe un petit coup de téléphone disant « ça va bien, s’ils se portent bien » et puis voilà. C’est tout !

Journaliste : Vous vous appelez plusieurs fois dans la semaine ?

Gabrielle : Oui, une fois par semaine à peu près. J’ai trois petites filles qui me téléphonent une fois par semaine chacune et voilà. Le soir parce que dans la journée je n’ai pas le temps parce que je suis dans le jardin. Nous, on n’est pas malheureux.

Journaliste : Vous me disiez tout à l’heure que vous aviez deux infirmiers qui venaient pour s’occuper de votre mari dans la semaine, j’imagine que ça vous soulage aussi que ces infirmiers soient présents ?

Gabrielle : Ah oui. Ça me rassure de toute façon surtout question de santé. Si admettons on a une température, si on a quelque chose, je pourrais leur demander tout de suite et ils pourraient s’occuper de nous. Ils sont formidables, très sérieux, gants, blouses, masques. Ils ont tout. Ils sont vraiment sérieux.

Journaliste : Et en même temps, ça vous permet aussi peut-être justement d’avoir de la visite en plus alors évidemment ils s’occupent de votre mari.

Gabrielle : Exactement, oui.

Journaliste : Donc vous échangez ensemble ?

Gabrielle : Voilà oui. On discute mais les pauvres ils n’ont pas tellement de temps mais ça c’est bien. Donc, ça me rassure, ça me rassure vraiment.

Journaliste : Est-ce que la promiscuité 24h/24 avec votre époux, cela ne vous pèse pas trop ?

Gabrielle : Non parce que mon mari est très gentil. On discute ; plus tellement comme avant peut-être mais autrement non, on s’entend très bien. Ça va faire 66 ans qu’on est marié. Alors vous voyez !

Journaliste : Ce n’est pas maintenant que vous allez vous fâcher ?

Gabrielle : Non, non, non voilà, exactement. C’est pour ça que je ne vais pas faire de bêtises. D’abord il est très fragile donc je ne prendrai aucun risque en ce moment. On ne va même pas aller se promener dans la rue. Peut-être après, on ira peut-être un petit peu avec son fauteuil se promener dans la rue. Mais autrement d’abord dans le jardin.

Journaliste : Est-ce que vous avez justement des masques, ce qu’il vous faut ?

Gabrielle : Oui, j’en ai fait pour mon mari, pour moi quand on sortira.

Journaliste : Comment est-ce que vous les avez faits vos masques ?

Gabrielle : Je rigole, avec des soutiens gorges.

Journaliste : Ah oui c’est drôle. Bah écoutez comme quoi on prend tout ce qu’on a sous la main !

Gabrielle : Bah oui et c’était très bien !

Journaliste : Gabrielle, est-ce que vous pensez justement à l’après confinement ?

Gabrielle : Oui, je veux bien ranger tout pour ma petite fille et je me dis si mon jardin est beau, bien propre, je pourrais en profiter un peu avec eux.

Journaliste : Est-ce qu’il y a une pièce où vous êtes le plus souvent finalement dans votre maison ?

Gabrielle : La véranda. On a une petite véranda.

Journaliste : Qu’est-ce qui vous plaît le plus à être dans la véranda ?

Gabrielle : D’être au soleil et puis de discuter. Mon mari aime bien parce qu’il y a une petite banquette et il est bien au chaud avec le soleil. La petite chatte qui est à côté de nous et puis voilà qui nous rassure aussi.

Journaliste : Là vous êtes bien dans ces cas-là ?

Gabrielle : Oui.

Journaliste : D’accord.

Gabrielle : On n’a pas à se plaindre. Nous, on peut résister encore un peu même si on peut sortir qu’on mais moi je ne sortirai pas encore. Je resterai encore un petit peu à la maison.

Journaliste : Il faudra encore attendre un petit peu ?

Gabrielle : Oui, moi je crois qu’il faut quand même attendre. Il ne faut pas aller trop vite parce que ce n’est pas fini.

Journaliste : Gabrielle, qu’est-ce que je peux vous souhaiter de beau pour la suite, pour vous et votre mari ?

Gabrielle : Comme ça tous les deux ensembles parce que c’est beau d’être ensemble encore au bout de ces 66 ans de mariage. Alors j’espère qu’on restera encore un peu plus de temps possible ensemble.

Journaliste : C’est tout le mal que je vous souhaite.

Gabrielle : Voilà !

Journaliste : Merci beaucoup. Je vous souhaite une bonne continuation voilà.

Gabrielle : Merci à vous et bon courage à vous tous. Je pense beaucoup aux infirmières.

Journaliste : Heureusement qu’on les a.

Gabrielle : Ah oui, oh là ! Je dis un grand merci à tous !

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Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin