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"Mon Logement, Ma Vie" - Sylvaine, 74 ans

"Mon Logement, Ma Vie" - Sylvaine, 74 ans

Bienvenue dans ce premier épisode de la saison 3 de « Mon Logement, ma vie ». Ravi de vous retrouver pour cette 3e saison. Comme lors des deux précédentes, nous continuons de partir à votre rencontre pour prendre de vos nouvelles. « Mon logement, ma vie », c’est le podcast qui vous donne la parole. Un programme à écouter sur independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcast. Alors pour ce tout premier épisode de cette troisième saison, nous nous rendons dans le département des Alpes-Maritimes, du côté de Cannes. Nous y rejoignons Sylvaine, qui vit seule dans son appartement.

Journaliste : Bonjour Sylvaine et merci de répondre à mes questions. La première d’entre elles justement : Comment s’est déroulée pour vous et vos proches la fin de l’année 2020 ?

Sylvaine : La fin de l’année 2020, c’est le moins strictement possible c’est-à-dire que je continue à bouger. Je fais un petit peu de vélo. Je marche beaucoup. Je marche beaucoup le long de la plage. On se téléphone beaucoup pour essayer de garder un contact. On a la chance d’avoir notre club du village à Cannes qui ne nous laisse pas tomber, qui nous appelle, qui nous fait des vidéos, qui nous fait des conférences, des visio conférences. Donc, on est quand même un petit peu occupé.

Journaliste : Est-ce qu’il y a eu des différences pour vous entre le premier et le second confinement ?

Sylvaine : Enormément ! Alors, on me disait mon premier confinement était quand même… on savait où on allait plus ou moins dans le temps. Je me suis dit dès qu’on sera déconfiné, j’allais faire mille et un projets. Je n’ai pas pu réaliser le projet que je voulais faire en plus, ce n’est pas grave. Mais quand on nous a parlé de deuxième confinement, j’ai déjà très mal vécu. J’en voulais aux personnes qui ne portaient pas de masque ou qui se regroupaient parce que je vous l’explique en deux mots : le maire avait laissé les marchés ouverts. Et dans les bars, on arrivait à boire de petit café dehors comme ça et c’était assez convivial. Mais certaines personnes ne mettaient pas de masque. Voilà donc quand on nous a reconfinés, ça a été très dur à accepter et j’ai très mal vécu.

Journaliste : Parce que vous avez repensé à ces personnes-là qui ne respectaient pas finalement les gestes barrières ?

Sylvaine : Tout à fait.

Journaliste : Ça vous a énervé ?

Sylvaine : Un petit peu. Franchement, on avait la chance à Cannes. On avait laissé les marchés ouverts. On pouvait boire des petits cafés. On commandait le café et on partait dans la rue, sur la plage boire notre café. C’était vraiment très agréable. Mais moi, j’avais le masque. J’avais mon gel dans la poche mais tout le monde ne le faisait pas. Je crois beaucoup en ces gestes barrières qui sont simples : le gel et le masque. Malheureusement, à Cannes ce n’est pas toujours respecté sur la plage ou ailleurs. Donc c’est la cause peut-être de ce deuxième confinement.

Journaliste : Sylvaine, comment étaient organisées du coup vos journées pendant ce 2e confinement ?

Sylvaine : Alors comme vous l’avez compris, j’habite en bord de mer. Donc, je continuais mon rythme de me lever tôt, parce que je suis une lève tôt dans la vie habituelle. Je marchais beaucoup le long de la plage. J’allais faire mes courses, bien sûr. J’allais faire mes courses à 13h, parce qu’il y avait moins de monde dans les magasins. Je rentrais chez moi. Je déjeunais. Puis je me reposais et regardais la télévision un petit peu comme tout le monde. Je regardais mon courrier. Je téléphonais et puis le soir je marchais encore un petit peu. Je faisais quand même 5 kilomètres le soir. Voilà et la télé.

Journaliste : Qu’est-ce que vous regardez à la télé ?

Sylvaine : Avant, je regardais les chaines en boucle. Puis, les chaines en boucle, ça m’a vraiment perturbé. Ça m’empêchait de dormir. Donc j’ai stoppé et je regardais les séries où je ne me prenais pas la tête. En fait, il y avait NCIS, j’adore NCIS, j’ai acheté la casquette NCIS.

Journaliste : Quand vous dites que vous ne regardiez plus les chaînes d’informations en boucle, c’est parce que vous trouvez que c’est trop anxiogène et qu’au bout d’un moment ça suffit ?

Sylvaine : Oui. À un moment donné quand j’ai vu (pardonnez-moi je vais être directe) tous ces médecins Sud-Nord ou Nord-Sud, enfin Paris, Marseille. Après tout on peut avoir une opinion. Bien sûr, je vais l’écouter une fois, deux fois, trois fois. Mais vous prenez une chaine, il y en a un qui dit blanc, l’autre qui dit noir, et nous on est au milieu, on se dit qu’on va crever ou qu’on ne va pas crever quoi quelque part. Je veux dire il faut arrêter quoi. Mettez-vous d’accord, ou taisez-vous. Je ne suis pas un médecin. Mais comment voulez-vous en tant que patient, de personnes lambda, comment voulez-vous après avoir confiance à une personne qui touchent à votre propre intégrité ? La seule chose qui vous appartient est votre corps.

Journaliste : Sylvaine, dans vos proches, dans votre famille, dans vos relations, est-ce que tout le monde se porte bien, tout le monde va bien ?

Sylvaine : Alors, il y a eu des cas de Covid dans ma famille. Mais ils sont restés à la maison. Ils sont restés 10 jours quand même à la maison, secoués pendant plusieurs mois mais pas l’hospitalisation.

Journaliste : Est-ce que vous avez des craintes pour cette année 2021 ?

Sylvaine : Ah non, moi je vais vous dire, vu l’âge que j’ai. J’ai une vie tellement mouvementée, à mille à l’heure comme je le souhaitais. Je me dis qu’à la limite si je devais mourir par rapport à ce Covid. Franchement non, je me dis que ma vie était remplie et partir maintenant sans problème. Après je ne voudrais pas, absolument pas qu’on s’acharne sur moi. Je voudrais simplement partir.

Journaliste : Est-ce que vous attendez le vaccin avec impatience ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Sylvaine : Pas du tout ! Alors, c’est très bien qu’il y ait un vaccin, parce que je crois que ça va résoudre quand même des problèmes un petit peu ou du moins j’espère que ça va éradiquer ce virus parce que vous savez on n’a rien inventé. Ça me fait rigoler. Je suis de la génération où il y a eu le tétanos, je vendais des timbres à l’école pour le vaccin pour éradiquer le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite. Et puis tout ça, mais on est venu à bout. Je ne vais pas revenir au Moyen-Age avec la rubéole et compagnie. Il y a toujours eu des épidémies, des pandémies. C’est malheureux. Ça nous tombe dessus, mais bon voilà. Le seul truc qui me pousse à me faire vacciner, c’est que je suis une grande voyageuse. J’ai toujours beaucoup voyagé dans le monde entier. J’ai encore envie de voyager, de rencontrer des gens. Je ne voyage pas pour la piscine. Je voyage pour rencontrer des gens, des ethnies. J’ai encore cette envie. Donc, je me ferais vacciner.

Journaliste : Depuis que le Coronavirus est en France, est-ce que ça a changé vos habitudes ? Est-ce qu’il y a des choses que vous faisiez avant, que vous ne faites plus maintenant et au contraire est-ce que vous faites des choses maintenant que vous ne faisiez pas avant ?

Sylvaine : J’ai le malheur et la chance de ne pas avoir d’enfants. Ça m’a permis de mener une vie et de faire ce que je voulais faire. Mais ce que je ne fais plus et que je faisais beaucoup, c’est d’aller dans le club du village, de jouer au golf, de m’offrir des voyages. Depuis le coronavirus, c’est terminé tout ça.

Journaliste : Oui, ça ne vous manque pas ?

Sylvaine : Ça me manque énormément. Heureusement, j’ai plein de films. Je regarde mes films personnels, mes photos, voilà.

Journaliste : On le sent. Vous êtes quelqu’un qui est quand même hyper sociable.

Sylvaine : Oui, tout à fait.

Journaliste : Donc, tous ces rendez-vous-là qui n’existent plus j’imagine que ça doit avoir un problème ?

Sylvaine : C’est ça qui me manque. C’est vrai ! Donc, je recherche à avoir le contact social.

Journaliste : A 74 ans, vous êtes considérée comme une personne à risque par les Autorités sanitaires. Vous m’avez dit que vous vous ferez vacciner. Est-ce que ça vous inquiète ou pas plus que ça finalement ?

Sylvaine : Non, absolument pas. Je vous l’ai déjà dit d’ailleurs. Vous avez noté que le vaccin n’était pas obligatoire. Je ne le ferais que parce que je veux voyager.

Journaliste : Sylvaine, puisque vous me parlez de voyage, c’est quoi le prochain voyage quand vous serez à nouveau autorisée à pouvoir bouger ? Où est-ce que vous auriez envie d’aller ?

Sylvaine : Ça dépendra des destinations ouvertes.

Journaliste : Dans l’idéal, si tout a été ouvert ?

Sylvaine : Dans l’idéal, je pense un petit peu à mes origines, en Martinique. D’ailleurs, pour tout vous dire j’ai été en voyage là. Et j’avais réservé hier pour partir le 4 janvier et puis après pourquoi je n’ai pas fait ce voyage ? C’est parce que je me suis dit « mais attends si tout est bouclé, comment on va rentrer ? Comment je vais rentrer ? » C’est la seule chose qui me fait du souci que de partir.

Journaliste : Vous avez sinon plus des craintes peut-être pour vos proches ou vos relations en raison de la pandémie et puis de ses répercussions ?

Sylvaine : Oui. Voilà exactement. Alors par contre, j’ai énormément de craintes pour mes proches d’ailleurs. Quand je parle de la jeunesse, alors là ce n’est pas 20 ans.  La jeunesse, c’est 30, 40, 50 ans …et je me dis « Mon dieu, mais quelle société on leur a laissé ». Nous, on est arrivés après la guerre. On était gâté finalement. On était gâté par la vie. On avait du travail. On avait des retraites. Mais tous ces jeunes, c’est très dur pour la société avec cette pandémie. C’est trop bête de mourir d’un virus.

Journaliste : Et d’un point de vue économique aussi peut-être ?

Sylvaine : Oui justement. Je crois, pardonnez-moi, j’aime les gens mais ma priorité c’est l’économie parce que quand l’économie va, les gens se portent mieux. Ils sont moins stressés. Ils sont moins sujets à attraper des maladies parce que je pense que plus on est stressé, plus les virus ont de l’emprise sur nous. J’ai beaucoup de crainte pour l’économie. Tout cet argent qu’on donne pour aider les gens. Il faut aider les gens. J’en suis convaincue. Mais comment on va s’en sortir. Comme je vous dit, à la limite, je ne parle pas pour moi, mais pour l’économie, c’est dramatique.

Journaliste : Alors Sylvaine, je rappelle, vous avez 74 ans. Vous paraissez en tout cas quand je vous écoute avec la pêche et en bonne santé, vous êtes indépendante. D’abord, vous êtes dans quel type de logement, un appartement ou une maison ?

Sylvaine : Quand je me suis retrouvée veuve, je suis passée à un appartement, dans une maison toute neuve presque terminée d’ailleurs. Voilà, c’est un petit appartement de rue. Pourquoi un appartement de rue ? Parce que cela me permet d’avoir tout à côté : le bus, les trains (importants pour moi) et tous les commerces. Donc, c’est très agréable. Il est neuf, il y a un balcon où je profite du soleil. L’appartement est sympathique et je suis très bien où je suis.

Journaliste : Sylvaine, pourquoi c’est important d’être indépendante comme ça chez soi ?

Sylvaine : Parce que j’ai eu un mari qui était plus âgé que moi. C’était d’un amour d’homme qui m’a prouvé, qui m’a chouchouté, qui m’a permis de m’épanouir, qui m’a permis aussi d’être indépendante financièrement et qui a appris que dans la vie il ne faut pas compliquer les choses. Et j’ai toujours d’une indépendance incroyable. En fait, je prends mes décisions toute seule. Je ne supporte pas qu’on prenne des décisions pour moi.

Journaliste : Et chez vous, dans quelle pièce vous vous retrouvez le plus souvent finalement dans votre appartement ?

Sylvaine : Dans le salon que j’ai rendu très convivial, c’est-à-dire que j’ai pleins de souvenirs dedans. C’est harmonieux. J’ai un cadre avec de la terre de Navaros. Vous voyez, ces petites choses comme ça qui me font voyager dans cette pièce.

Journaliste : Sylvaine, ce sera ma dernière question. Nous sommes en période de vœux, quels sont les vôtres par rapport à cette année 2021 pour vous, vos proches et peut-être généralement ?

Sylvaine : Ce que je souhaite, c’est que malgré la pandémie, chacun, quand je dis qu’il y a un peu plus d’empathie dans la société parce que je trouve la société un peu agressive, un peu chacun pour soi.

Journaliste : Merci à Sylvaine. Merci à tous de votre fidélité. Si vous souhaitez réagir à cet épisode ou même témoigner prochainement lors d’un prochain épisode à venir, et bien rendez-vous sur le site internet et les réseaux sociaux d’Indépendance Royale. A très vite. 

Retrouvez le podcast "Mon Logement, Ma Vie" par Indépendance Royale sur toutes les plateformes de podcasts :

Spotify : https://open.spotify.com/show/5B53Kt9KVbRocxyB87UJlH

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1157212

Podcast Addict : https://podcast.ausha.co/mon-logement-ma-vie/

Apple podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mon-logement-ma-vie/id1510535949

Tune in : https://tunein.com/podcasts/Health--Wellness-Podcasts/Mon-logement-ma-vie-p1320021/

Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin

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