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"Mon Logement, Ma Vie" (Saison 4) - Dominique, 76 ans

Bienvenue dans la saison 4 de « Mon logement, ma vie ». Confinement, déconfinement… depuis l’arrivée de la Covid en France, nous allons à la rencontre des seniors pour prendre de leurs nouvelles. Un podcast à écouter sur Independanceroyale.com, disponible également sur l’ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. Pour ce deuxième épisode de la saison 4, nous allons retrouver Dominique, 76 ans, qui vit en région parisienne, dans les Yvelines, du côté de Versailles. Dominique a grand hâte de retrouver ses enfants et petits-enfants qui vivent aux Etats-Unis.

Journaliste : Bonjour Dominique. Merci de répondre à mes questions. Comment s’est déroulée pour vous cette première moitié de l’année, ces six premiers mois ?

Dominique : Ecoutez, je vous le dis. Le covid a commencé l’année dernière, puisque je devais partir aux Etats-Unis. Je n’ai pas pu. Mon billet a été annulé. Alors, pour parler des six derniers mois, c’est la continuation de l’année dernière. Ça fait un an et demi maintenant qu’on est confinés. Ce n’est pas terrible.

Journaliste : C’est-à-dire que votre vie a été chamboulée ?

Dominique : Complètement. Ça a commencé par le club de gymnastique qui a fermé il y a un an et demi. Je ne voyage plus. Je ne fais plus rien. On ne peut plus sortir. On ne peut plus aller au cinéma, au concert, etc. A un moment, je me suis dit : « mais, je vais me déprimer ».

Journaliste : Dominique, depuis le 19 mai, le déconfinement s’est accéléré avec la réouverture des commerces, des terrasses, mais aussi des musées, cinémas et théâtres. Est-ce que vous en avez déjà profité ?

Dominique : Non, pas du tout. Moi, j’attends mon QR code pour pouvoir avoir accès aux restaurants, aux cinémas, etc. Je suis vaccinée. Tout est en ordre. Je n’attends plus que ce passe vert. Je ne sais pas quoi. On n’y comprend rien de toute façon. Pour l’instant, je n’ai pas cet accès. Il y a une certaine liberté, mais je n’en sais rien.

Journaliste : La prochaine étape, malgré tout aussi, est la date du 9 juin avec cette fois la réouverture des restaurants, cafés… Le couvre-feu sera même décalé de 19h à 23h. Il faut que vous ayez votre QR Code. Est-ce que vous pourriez en profiter ? Qu’est-ce que vous pensez aussi de ce décalage dans le temps du couvre-feu ?

Dominique : Bien sûr. Moi, je suis ravie. Je vous le dis. Je ne pense qu’à ça : partir, voyager, sortir le soir, aller au cinéma… On n’attend que cela.

Journaliste : Malgré tout, comment est-ce que vous avez vécu ce troisième confinement par rapport aux deux précédents ? Est-ce qu’il y a eu une différence ?

Dominique : Pour moi, il n’y a pas eu de différence. Ça a été l’enterrement de première classe tous les jours.

Journaliste : Vous avez 76 ans. Vous êtes considérée donc comme une personne à risque d’un point de vue sanitaire. Cela vous inquiète-t-il ou pas plus que cela ?

Dominique : Je suis vaccinée maintenant. Puis moi, je ne me suis jamais inquiétée. A notre âge, on peut se faire écraser par une voiture. Tout peut arriver. A partir de 70 ans, c’est quand même tendu.

Journaliste : Vous dites justement que vous vous êtes fait vacciner. Pour quelles raisons ?

Dominique : Je vous le dis. Parce qu’il faut se faire vacciner. Si les gens ne se font pas vacciner, cette épidémie va continuer à se propager. Ça me paraît évident qu’il faut se faire vacciner.

Journaliste : Sinon, dans votre famille, tout le monde va bien ? Personne n’a été malade ?

Dominique : Ecoutez, ne m’en parlez pas. Mes enfants aux Etats-Unis, cela fait 2 ans que je ne les ai pas vus. Heureusement, ils n’ont pas été touchés. Ils sont vaccinés. Ils arrivent fin juin. Donc, je vais les revoir. Mon mari, qui est encore plus âgé que moi, est passé à travers l’égout. Il est vacciné. Ça s’est bien passé.

Journaliste : Dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants, le masque reste obligatoire dans la rue. Vous en pensez quoi ?

Dominique : C’est complètement con. Depuis le début, je pense que dans la rue, quand on n’est pas à proximité de qui que ce soit, sur les plages ou dans les forêts, à la campagne ou au bord de la mer, … J’ai été à Deauville. Sur la planche, on me demandait de mettre mon masque. Franchement, ça a été n’importe quoi. Depuis le début, cette histoire est du n’importe quoi. Je ne cherche même pas à comprendre, parce que c’est incompréhensible.

Journaliste : Du coup, en attendant mieux dans les jours à venir, aujourd’hui comment s’organisent vos journées ? Elle ressemble à quoi une journée type pour vous ?

Dominique : Ecoutez, je vous le dis, je ne fais plus de gym. Alors, je mange un peu plus que d’habitude, parce que je grignote, je traîne… Heureusement que j’ai un petit bout de jardin. Je m’occupe avec mon jardin. En plus, … Une journée-type, écoutez, je me lève plus tard que d’habitude. Je mange plus que d’habitude. Je n’ai pas envie de sortir. J’attends d’être libre. J’attends qu’on m’autorise à retrouver ma vie d’antan, parce que là, je ne l’ai pas retrouvée pour l’instant.

Journaliste : En attendant qu’elle revienne, c’est quoi vos hobbies, vos passions ?

Dominique : Pour moi, c’est de sortir, rencontrer du monde, m’occuper des petits-enfants… La première année, on a été privés de nos petits-enfants. Mes propres enfants ne voulaient pas m’embrasser. C’était devenu vraiment … J’ai embrassé mon gendre pour la première fois depuis 1 an hier. C’est insensé cette histoire.

Journaliste : Vous avez des craintes pour l’avenir ? Le vôtre, mais surtout celui de vos proches, en raison de la pandémie et de ses répercussions, d’un point de vue économique notamment.

Dominique : Je suis un peu rassurée, parce que mes enfants sont en télétravail. Ça se passe plutôt bien. On est tous en bonne santé. Qu’est-ce que vous voulez ? Je pense qu’on va s’en sortir, mais c’est surtout moralement. J’ai été touchée psychiquement. On gère. On fait ce qu’il faut pour se protéger et protéger les autres. Mais maintenant, il faut se le dire. Il y en a marre.

Journaliste : Dominique, j’entends votre ras-le-bol, j’entends aussi dans votre voix votre dynamisme, votre pèche. Vous paraissez en bonne santé. Vous êtes indépendante chez vous, dans votre logement. Pourquoi c’est important cette indépendance chez soi ?

Dominique : Je suis une femme libre. Je suis mariée, mais séparée de mon mari qui est plus âgé que moi. C’est cela le bonheur d’être libre. Je suis autonome à tous points de vue. Je vis ma vie.

Journaliste : Malgré tout, vous êtes mieux chez vous que dans un établissement style maison de retraite.

Dominique : Je n’irai pas dans un Ehpad. Je préfère mourir.

Journaliste : Et chez vous, dans quelle pièce vous vous retrouvez le plus souvent ?

Dominique : Dans mon séjour, puisqu’il donne sur le jardin. Je suis très bien installée.

Journaliste : En espérant finalement que tout finisse par aller mieux prochainement, et que les confinements soient définitivement derrière nous, quelles sont les premières choses que vous allez pouvoir refaire à nouveau ?

Dominique : La première chose que je vais faire ? Aller au cinéma.

Journaliste : Vous avez déjà une idée du film que vous allez voir ?

Dominique : Oui. Il y a un film qui a été primé et qui est sorti à l’époque du Covid et que je n’ai pas vu. Je ne sais pas si c’est « Bonjour les cons » ou « Adieu les cons », je ne sais pas quoi !

Journaliste : C’est Albert Dupontel qui a fait le film.

Dominique : C’est cela, oui.

Journaliste : Et quand est-ce que vous allez aux Etats-Unis alors ?

Dominique : Eh bien, mon fils va arriver à la fin du mois. Donc, je vais revoir mon fils et mes petits-enfants que je n’ai pas vus depuis deux ans. Maintenant, mon voyage est moins urgent, puisqu’ils arrivent. Ils viennent passer le mois de juillet. Puis, le prochain voyage, ce sera Israël quand on aura le droit d’y aller. Les compagnies aériennes nous proposent des aller, mais pas de retours. Alors, évidemment, c’est gênant.

Journaliste : Dominique, ce sera ma dernière question avant de vous remercier de votre gentillesse. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Dominique : Que je retrouve des contacts plus faciles avec les uns et les autres, parce que ce manque de contacts… Vous savez, les gens se sont retiré. On n’a plus de nouvelles de personne, parce que c’était compliqué pour se voir. Je voudrais retrouver des contacts avec des gens sympathiques, ouverts, qui ne vous parlent pas de cette histoire. Il y en a marre, quoi !

Journaliste : Dominique, je vous remercie. Prenez bien soin de vous !

Dominique : Ah oui. Je le fais. Ne vous inquiétez pas. Je ne me laisse pas abattre.

Un grand merci à Dominique pour son témoignage. Evidemment, merci aussi à vous les auditeurs de « Mon logement, ma vie ». Un programme à retrouver sur le site Internet Independanceroyale.com. Vous pouvez également vous abonner à ce rendez-vous depuis toutes les plateformes de diffusion de podcasts. A très vite pour un prochain épisode.

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