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"Mon Logement, Ma Vie", Episode 4

"Mon Logement, Ma Vie" Episode 4

Dans ce quatrième épisode, rencontre avec Geneviève, retraitée de 72 ans. Après avoir vécu à Paris une bonne partie de sa vie, elle réside désormais avec son mari à Esperce un petit village à une quarantaine de kilomètres de Toulouse. A risque parce que diabétique et cardiaque, le coronavirus, ne fait pas du tout peur à cette artiste solitaire assumée.

Journaliste : Bonjour Geneviève merci de prendre quelques instants pour répondre à mes questions. Geneviève, est-ce que vous pouvez nous dire finalement à quoi ressemblent vos journées en temps de confinement ? C'est quoi l'emploi du temps ?

Geneviève : Le matin d'abord je me lève à 7h pour être avec mon mari qui va travailler. Il travaille dans une clinique de rééducation. Et moi à partir de là, je passe à la salle de bain. Il ne rentre pas à midi, ce qui me permet de faire de la cuisine assez améliorée pour mon homme.

Journaliste : Il en a de la chance !

Geneviève : Oui je l’aime, j’adore faire plaisir à mon mari et mon mari me le rend bien. Il est chasseur. Je ne suis pas contre, bien au contraire. Quand il me ramène du gibier, je suis ravie. Et le plaisir de préparer la viande, la mettre à stériliser, la mettre d’abord à mariner. Avec un bon vin fin, des petits champignons, des trompettes de morts on appelle ça des girolles noires ou des morilles. J’ai un malin plaisir à inventer. Voilà, mon plaisir c’est d’inventer n’importe quoi. On avait un couloir qui ne servait à rien et j'ai dit à mon mari « est-ce que tu as la possibilité d’avoir des étagères ? ». Il m’a dit « oui mais qu’est-ce que tu veux ? Fais-moi un dessin ». Donc j’ai fait le dessin de grandes étagères qui font 5 mètres de long. Et dans ce couloir, il a mis des étagères jusqu’au plafond. Et là, c’est ma réserve. J’ai 254 bocaux de conserves faites maison.

Journaliste : Oh bah dites donc !

Geneviève : Et oui ! Alors il y a du chevreuil, du sanglier, du lapin… Tous les paquets sont faits maison.

Journaliste : Si le confinement devait durer et qu’il devait y avoir une pénurie …

Geneviève : Ah bah il peut y avoir la guerre là ! Comment vous dire, j’invente beaucoup dans la cuisine. Par exemple je regarde beaucoup les émissions culinaires. Et j’ai une bibliothèque, naturellement étant dans l’imprimerie, je ne peux pas faire autrement que d’avoir des bouquins. Alors des bouquins de cuisine j’en ai en pagaille. Depuis 5 ans à peu près, j’invente des plats chinois mais qui sont faits maison. Je n’aime pas les plats chinois en magasin ni chez les restaurateurs. Ce n’est pas bon chez les autres. Je suis difficile hein !

Journaliste : Est-ce que vous faites des choses différentes que vous ne faisiez pas avant et que vous faites maintenant pendant le confinement ?

Geneviève : Ah oui ! Je peins, je fais des portraits, je peins des chats, des chiens, des visages, des paysages. Et je sculpte en même temps, j’adore ça et puis je n’aime pas rester à ne rien faire.

Journaliste : Qu’est-ce qui vous plait par exemple dans la sculpture, dans la peinture ?

Geneviève : Mon interprétation à moi, parce que je n’aime pas le genre Picasso. J’aime que quand je vois une peinture, je sais ce que je vois. Tandis que le modernisme, je hais ! Je fais de la couture aussi, je fais mes vêtements, je fais tout !

Journaliste : Vous faites vos masques ?

Geneviève : Ah non pas du tout, j’ai horreur de ça ! Si ça doit arriver ça arrivera, c’est tout. Et comme je ne sors jamais. Excepté qu’en dehors du coronavirus, toutes les semaines, mon mari et moi on allait faire nos courses. Mais maintenant depuis le coronavirus on n’a pas le droit de sortir avec son mari ou avec sa femme. C’est complètement débile !

Journaliste : Donc du coup comment vous vous organisez pour les courses ? Comment ça marche ?

Geneviève : Eh bien je fais la liste et je téléphone pour qu’ils me préparent ce que j’ai demandé. Et mon mari arrive avec son masque naturellement, il n’a plus qu’à payer. 

Journaliste : Dans vos occupations quotidiennes qu’est-ce que vous pouviez faire avant le confinement et que vous ne faites plus maintenant ? Est-ce qu’il y a des différences ?

Geneviève : Non, absolument pas ! J’ai insisté, on en a parlé tous les deux. Je lui ai dit « est-ce que tu veux qu’on change quelque chose dans notre manière de vivre ? ». Il m’a répondu « toi qu’est-ce que t’en penses ? ». Je lui ai dit « moi je suis satisfaite ». Et puis c’est tout. De toute façon je n’ai jamais vu personne ici chez nous.

Journaliste :  Comment est-ce que vous faites alors pour communiquer malgré tout ? Je ne sais pas moi avec le voisinage, la famille, les amis ?

Geneviève : Je ne communique avec personne. Je suis une solitaire, j’ai toujours été très solitaire parmi la foule. Voilà, et c’est ça qui me sauve. Ici j’ai zéro contact, je rends seulement service à une voisine qui habite à 800 mètres. Parce que j’habite en rase campagne.

Journaliste : Vous lui rendez service comment à votre voisine ? 

Geneviève : Par téléphone. Elle m'appelle tous les jours.

Journaliste : Finalement le confinement n'est pas quelque chose qui vous marque plus que ça alors ?

Geneviève : Ah non, pas du tout. J’ai deux chiens, j’ai eu un chat qui était magnifique et que j’appelais ma « fifille ». Je lui parlais comme un gosse, parce que nous n’avons pas d’enfant. Et puis j’ai qu’un plaisir. C'est le soir, quand il est 17h15, je me mets à la fenêtre derrière l’évier et j’attends. Quand je vois la voiture de mon mari qui arrive hop, je sors en trombe et je lui ouvre les portiques pour pénétrer dans la maison. « Et comment s’est passée ta journée, ça va ? » « Tu n’es pas trop fatigué ? ». Et puis je lui prépare un petit café avec des tartines grillées. 

Journaliste : Une petite question taquine comme ça Geneviève, la promiscuité permanente avec le conjoint en temps de confinement finalement ça ne vous concerne pas tant que ça puisque votre mari continue à travailler. Mais ce n’est pas pesant ? 

Geneviève : Non, non. Des fois il prend son vendredi, en temps normal sans le confinement, pour aller faire notre ravitaillement. On ne calcule jamais et il me dit « et chéri, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? Et si on allait au restaurant ? ». Je lui réponds « écoute si c’est pour manger de la « bidrouille » ça ne m’intéresse pas ». Alors on se met à rire. 

Journaliste : Dans quelles pièces vous vous retrouvez le plus souvent ?

Geneviève : Le salon pour regarder la télévision. Dans la cuisine, ou dans la salle à manger et le salon, qui communiquent. Et puis dans notre chambre.

Journaliste : Vous êtes quelqu'un d’active, qui est artiste aussi. Vous êtes donc très indépendante finalement ça c'est quelque chose d'important aussi dans cette période de confinement ? 

Geneviève : Pour moi il n'y a rien d'important avec le confinement. Je trouve ça grotesque, pour moi c’est du cinéma. Vous savez, je suis quand même malade. Je fais abstraction de ma maladie. Je suis diabétique et cardiaque.

Journaliste : Vous êtes une personne à risque par rapport au coronavirus. Ça ne vous fait pas peur ? 

Geneviève : Non, pas du tout. Ce qui doit arriver arrivera. C’est tout.

Journaliste : Je veux vous remercier. Merci de m’avoir accordé du temps.

Geneviève : Ça me fait plaisir de vous avoir parlé. 

Journaliste : Le plaisir est partagé en tout cas. Merci de votre accueil, de votre gentillesse, de votre franchise. 

Retrouvez le podcast "Mon Logement, Ma Vie" par Indépendance Royale sur toutes les plateformes de podcasts :

Spotify : https://open.spotify.com/show/5B53Kt9KVbRocxyB87UJlH

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1157212

Podcast Addict : https://podcast.ausha.co/mon-logement-ma-vie/

Apple podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mon-logement-ma-vie/id1510535949

Tune in : https://tunein.com/podcasts/Health--Wellness-Podcasts/Mon-logement-ma-vie-p1320021/

Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin

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