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"Mon Logement, Ma Vie", Episode 1

« Mon Logement, Ma Vie » Episode 1

Pour ce premier épisode de « Mon Logement, Ma Vie », retrouvez le témoignage de Michèle, une retraitée de 75 ans qui habite dans le département de l’Aube.

Journaliste : Michèle, bonjour. Merci de répondre à nos questions et en même temps de témoigner pour les besoins de ce podcast. Michèle vous êtes où précisément dans l’Aube ? 

Michèle : Nous sommes à côté de Nogent-sur-Seine, un petit village qui s’appelle Le Mériot. Nous sommes entre Provins et Romilly-sur-Seine. Avant nous étions dans l’Essonne et nous y louions à l’époque un petit chalet et nous y venions les week-ends quand il faisait beau. Une fois à la retraite, lorsque mon mari a acheté son étang, on a cherché une maison de plain-pied ici dans ce village. On est donc venu s’y installer définitivement.

Journaliste : Alors Michèle comme je le rappelais en préambule, comme le reste de la population d’ailleurs vous êtes confinée depuis le 17 mars. Je voulais savoir comment ça se passait au juste pour vous et votre mari ? Comment est-ce que vous occupez le temps chez vous et surtout à quoi ressemble une journée type dans le cadre du confinement ? 

Michèle : Alors moi personnellement, je fais un peu de ménage dans ma maison. On est que tous les deux mais on a un chien donc il faut passer l’aspirateur et la serpillière presque chaque jour. Après je prépare à déjeuner, j’ai toujours beaucoup cuisiné bien qu’on soit que tous les deux. J’avoue je passe plus de temps dans ma cuisine qu’à faire le ménage. Et après je prends ma douche, je m’habille ; je me mets des vêtements propres chaque jour parce que je refuse de me laisser aller, bien que je ne sois à la maison sans avoir besoin de sortir. L’après-midi une fois que ma cuisine est rangée et après déjeuner, nous avons l’habitude de prendre notre café dans le salon pour regarder les informations à la télévision. Mais en ce moment les informations du midi et du soir sont à peu près les mêmes et ça ne donne pas trop le moral aux gens, mais bon c’est sûr il faut se tenir informer ! Mon mari, lui s’occupe dans son potager, dans son jardin. Ses fleurs, ses arbustes à tailler… en plus nous avons un étang, donc il va à son étang donner à manger à ses canards. Donc si vous voulez, les journées se passent à peu près bien pour nous, on n’a pas le temps de se plaindre. On a la chance d’être tous les deux parce que beaucoup de nos amis maintenant, que ce soit le monsieur ou la dame, se retrouvent seuls. Donc ça ce sont des situations qui doivent être très pénibles. Ce qui nous embête le plus c’est que je ne vois pas mes proches.

Journaliste : Concernant vos proches, comment faites-vous pour échanger avec eux ?

Michèle : Alors nous avons deux filles. Elles nous appellent tous les jours. Nos petits-fils nous appellent à peu près une fois par semaine, vous voyez comme d’habitude. Mais ce qu’il y a c’est que l’on ne peut pas se voir, tel le dimanche de Pâques on était tous les deux il n’y avait pas les enfants, ni les petits enfants.

Journaliste : Donc ça, c’est un peu plus compliqué ?

Michèle : Oui voilà ça ne met pas trop le moral, c’est un peu bête mais c’est comme ça. Et puis ce qui nous manque surtout, moi ma mère est toujours chez elle, 92 ans. Je l’appelle chaque matin, ça va à peu près, mes deux filles lui font ses courses parce que nous on est à 83 km d’elle. D’habitude nous y allions une fois par semaine, mais là en ce moment on n’y va pas. La maman de mon mari, 97 ans, est en maison de retraite depuis maintenant à peu près trois ans parce qu’elle ne peut plus être seule. Elle est en fauteuil roulant, il faut l’habiller, il y a des jours où la tête ça ne va pas du tout ; donc on essaye de l’appeler mais elle n’a pas conscience du temps qui passe. On aimerait quand même aller la voir et lui faire un bisou donc ça c’est ce qui nous est pénible à vivre. Mais sinon comme je me répète, je pense que je n’ai pas le droit de me plaindre de ma situation personnelle.

Journaliste : Vous me disiez que vous passiez beaucoup de temps dans votre cuisine, comment est-ce que vous vous organisez pour faire les courses ?

Michèle : Alors pour les courses, mon mari va une fois par semaine au marché, le samedi matin. Je me répète, on est que tous les deux. Donc il achète la viande, les légumes, les fruits, le fromage, … enfin ce dont on a besoin. A peu près tous les 15 jours, 3 semaines, on va au supermarché, seulement depuis ce confinement, pour acheter les yaourts, l’eau minérale, les produits d’entretien, … vous voyez ce qu’on peut acheter au supermarché. De toute façon on a toujours été dans les petites structures, les grandes structures moi je n’aime pas du tout car quand je rentre dans ce magasin je ne sais plus ce que je veux, il y a trop de choses.

Journaliste : Est-ce que vous avez découvert de nouvelles choses aussi pendant cette période de confinement ? Des choses que vous faites maintenant et que vous ne faisiez peut-être pas auparavant ?

Michèle : Alors déjà mes placards sont super bien rangés ! J’ai fait du tri, vous allez rigoler ! Toute ma bibliothèque, j’ai enlevé les livres, j’ai essuyé toutes mes tablettes, j’ai trié mes livres, je les ai essuyés avec une lingette, j’ai tout rangé. Cela m’a pris trois après-midis. J’ai aussi fait la même chose avec tous nos CD, nos disques, … Si vous voulez, partout tout est rangé et comme il faut. Je ne dis pas que c’était fouillis chez moi, mais ce sont des choses que je ne faisais pas.

Journaliste : Pourquoi c’est une bonne chose que vous soyez chez vous plutôt que dans un établissement ? Alors vous êtes particulièrement indépendante avec votre mari, mais pourquoi c’est encore plus important d’être indépendants pendant cette période ?

Michèle : Bon déjà les gens en maison de retraite sont, on ne va pas dire isolés parce qu’on peut tous tirer notre chapeau au personnel, mais ce n’est pas pareil lorsque l’on est chez soi. 

Journaliste : Chez vous, vous faites ce que vous voulez, quand vous voulez et comme vous voulez ?

Michèle : Oui quand on veut. Personnellement mes filles me reprochent d’avoir trop de bibelots. Mais je vais vous avouer que chaque bibelot presque représente quelque chose, un souvenir ; donc je ne peux pas m’en séparer. Quand je décide de ranger pour que ce soit un peu plus clair, je ne fais que déplacer les choses, sans m'en séparer. 

Journaliste : Une petite question taquine comme ça, la promiscuité permanente avec le conjoint ce n’est pas trop compliquée à gérer pendant cette période de confinement ? 

Michèle : Non pas du tout ! Je ne dis pas qu’on ne se heurte jamais, je mentirais, mais c’est toujours pour des bêtises. On est complices, vous savez on se connaît depuis que l’on est gamin ; moi j’avais huit ans et lui dix ans. On est complices pour tellement de choses. Je vais vous dire, mon mari pour moi c’est mon copain, mon amant, mon mari, mon ami, mon confident… tout ça c’est dans la même personne. Quand il y a quelque chose qui nous déplaît, à l’un comme à l’autre, on se le dit ; donc chacun promet de faire un petit effort et en général tout se passe très bien.

Journaliste : Michèle, est-ce que vous pensez à la suite, à l’après confinement ? Est-ce que vous avez des craintes ?

Michèle : Oui déjà parce que je trouve que les gens sortent un peu plus. Je ne le vois pas dans notre village car c’est un petit village ; mais avec ce que je vois à la télévision, ils nous montrent les gens avec des enfants dehors, les gosses entre voisins jouent ensemble et est-ce que c’est bien ? Je ne sais pas ... Mais il y a quand même une chose positive dans ce confinement parce que dans les résidences, je veux dire dans les immeubles, les gens qui ne se connaissaient pas car les gens partent au boulot le matin et rentrent le soir, maintenant non seulement ils se disent bonjour et se rendent service et se parlent. Donc ça je pense que ça va changer les choses pour après et que tout ça, ça va continuer, je le souhaite.

Journaliste : Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter de beau pour la suite Michèle ?

Michèle : Ce qu’on peut me souhaiter de beau ? Que mes petits-fils s’épanouissent, qu’ils soient heureux dans leur boulot ; c’est ça que je souhaite, moi je n’ai besoin de rien.

Journaliste : Merci beaucoup Michèle de nous avoir accordé un petit peu de temps, d’avoir témoigné pour nous dire et nous décrire surtout un peu votre vie à l’occasion de cette période de confinement pas comme les autres.

Retrouvez le podcast "Mon Logement, Ma Vie" par Indépendance Royale sur toutes les plateformes de podcasts :

Spotify : https://open.spotify.com/show/5B53Kt9KVbRocxyB87UJlH

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/1157212

Podcast Addict : https://podcast.ausha.co/mon-logement-ma-vie/

Apple podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mon-logement-ma-vie/id1510535949

Tune in : https://tunein.com/podcasts/Health--Wellness-Podcasts/Mon-logement-ma-vie-p1320021/

Témoignages recueillis par Jean-Baptiste Vennin

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