OLD’UP, plus très jeunes mais pas si vieux

OLD’UP, plus très jeunes mais pas si vieux

Entretien avec Marie-Françoise Fuchs, présidente d’honneur

Question : Sur quelles bases a été créée l’association OLD’UP ?
Marie-Françoise Fuchs : Cette association créée il y a 15 ans est née à la suite d’un Colloque intitulé « Vieillir et devenir » organisé par l’École des Grands-parents Européens (EGPE). Nous avons été quelques-uns à considérer qu’il fallait ouvrir la réflexion et ne pas rester centrés sur les relations grands-parents/petits enfants, d’autant que nous abordions une époque nouvelle avec des gens plus âgés, en seconde partie de retraite et libérés de la garde des petits-enfants devenus grands. À la fin des années 2000, la cohorte de ce que l’on nomme chez OLD’UP les « Octo + », a commencé à croître et personne ne s’intéressait vraiment à eux. La petite équipe de OLD’UP s’est constituée autour de leurs besoins et aspirations. Nous sommes partis du principe que hors handicap lourd et pathologie, les « Octo + » bénéficiaient d’une plus grande liberté au quotidien et d’une certaine énergie pour découvrir des choses nouvelles.

Q : Concrètement, comment cela se traduit-il ?
M-F.F : On s’aperçoit que le ralentissement dû à l’âge induit une nouvelle approche qui valorise l’observation par exemple. En tout cas que cette avancée dans le grand âge doit être apprivoisée. Pour OLD’UP dont les membres sont généralement dans cette seconde partie de retraite, il était nécessaire de favoriser la réflexion et de conforter le fait que nous sommes toujours utiles à la société, des citoyens à part entière qu’il n’est pas nécessaire de surprotéger comme on le fait souvent dans les familles. Au sein de notre association, nous avons donc des groupes de travail qui se retrouvent sur différents thèmes : vieillir en couple, vieillesse et spiritualité par exemple et aussi sur des thèmes liés à la culture, à l’actualité...Cela permet pour certain de reconstituer un réseau en luttant contre l’isolement. J’ai pu constater également en 15 ans l’impact du numérique. Aujourd’hui, 95 % de nos membres communiquent par mail et aussi, depuis la crise du Covid, en visioconférence. Les aptitudes se développent : La participation se réorganise, toujours présent à la vie du monde, le « vieux, » à sa mesure, reste un « acteur » de la société et un atout pour les plus jeunes, apportant sa part spécifique d’expérience et de valeurs.

Q : Quelles sont les autres activités de l’association ?
M-F.F : Nous avons rédigé des ouvrages, nous avons créé une chaîne Youtube, nous participons à des colloques et à des comités éthiques pour faire entendre notre voix. Nous invitons nos membres à avoir des activités citoyennes en étant par exemple représentants des usagers dans les établissements sanitaires et sociaux afin de faire évoluer les pratiques. Nous avons aussi un comité scientifique et nous réalisons des partenariats de recherche avec les EHPAD, des entreprises comme la SNCF...OLD’UP veut inciter à agir et que le grand âge ne soit pas un assèchement mais au contraire une chance. Aujourd’hui, un autre palier s’ouvre avec une partie de nos membres et une population française qui comptent de plus en plus de nonagénaires, c’est un sujet que nous prenons désormais en considération. En fait il faut considérer que cette époque du grand âge est un cadeau si l’on est en bonne santé.