Le budget de la Sécurité sociale, des plus et des moins

Le budget de la Sécurité sociale, des plus et des moins

Sommaire

    Le Parlement a adopté définitivement le 29 novembre le budget de la Sécurité sociale 2022. Ce budget, le dernier du quinquennat, bénéficiera d’une enveloppe de 400 millions d’€en faveur des personnes âgées dépendantes. La discussion a été vive lors du débat à l’Assemblée Nationale fin octobre avec en filigrane le projet avorté de la grande loi sur la dépendance.

    Un volet essentiel du budget de la Sécurité sociale 2022 est l’action en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie. L’accent est mis sur le maintien à domicile, le « virage domiciliaire ». Un axe qui s’adosse à un meilleur financement des services d’aide. Il est prévu que ce dispositif monte en puissance pour atteindre 1,3 milliard d’€ en 2025. Cette enveloppe est dédiée à alimenter la cinquième branche de la Sécurité sociale lancée l’an dernier et consacrée au grand âge et à l’autonomie. Les oppositions lors du débat parlementaire ont relevé une absence de vision d’ensemble puisque la loi sur la dépendance n’a pas vu le jour comme promis. D’autre part, les députés ont pointé du doigt une cinquième branche sans moyens financiers suffisants.

    Financer l’aide à domicile

    Pour autant, une des mesures importantes stipulée dans le budget 2022 est la mise en place d’un tarif plancher national de 22€ l’heure afin de mieux rémunérer les personnes intervenants auprès des seniors : auxiliaires de vie, aides à domicile…Cette base de tarif a pour objectif de lisser les disparités existantes entre les départements. Le gouvernement s’engage ainsi à compenser l’écart pour atteindre le tarif de 22€. Ce tarif de base est censé attirer des salariés vers ces métiers aujourd’hui en disgrâce. Cela étant, les élus départementaux souhaitent un engagement fort du gouvernement pour ne pas se retrouver à payer seuls ce dispositif alors que leurs dépenses liées aux compétences sociales sont en forte augmentation. De plus, la hausse du tarif horaire des prestataires à domicile permettra aux personnes âgées dépendantes d’éviter d’aller en EHPAD.

    Des besoins qu’il faudra financer

    Avec le vieillissement de la population, les besoins sont très importants et nécessiteront des financements colossaux dans les années à venir. Mais, on sait déjà que le déficit de la Sécurité sociale après avoir atteint 33,5 milliards d’€ en 2021 affichera un déficit de 20,4 milliards d’€ pour 2022 et risque de progresser encore. Si la pandémie a amplifié ce mauvais résultat, il n’en demeure pas moins qu’il faudrait trouver des milliardsd’€ supplémentaires pour subvenir aux dépenses exponentielles de la dépendance.

    Quelques chiffres

    • 24,3 millions de personnes âgées de plus de 60 ans devraient être recensées d’ici à 2050, contre 16,2 en 2015. Une augmentation de l’ordre de 50 %. Source : Insee, 2019.
    • 4,8 millions de seniors en perte d’autonomie devraient être dénombrés en 2050, contre 2,4 millions en 2015. Un doublement qui nécessite de revoir l’offre de services pour les personnes dépendantes. Source : Insee, 2019.
    • 10 Md€ devront être consacrés à partir de 2030par les pouvoirs publics pour accompagner la dépendance des personnes âgées. Un chiffre à additionner aux 24 Md€ déjà dépensés chaque année. Source : rapport « Libault », 2019.
    • 7,5 Md€ sont injecté chaque année par les départements en direction des personnes âgées dépendantes. Un montant en hausse de 3,6 % entre 2019 et 2020. L’essentiel est consacré à l’allocation personnalisée d’auto­nomie, qui représente un peu plus de 6 Md€. Source : Odas, 2021.