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Avec Nos Proches : apporter une oreille attentive aux aidants

Quels sont les rôles et droits d’un aidant familial ou proche aidant ?

En France, quelques 11 millions de personnes sont amenées à prendre en charge ou assister au quotidien : un proche handicapé, malade ou en situation de dépendance. Ces aidants peuvent arriver à ce stade de manière volontaire ou forcée, progressivement ou soudainement. Nombre d’entre eux n’ont donc pas eu le temps de mieux s’informer sur ce nouveau rôle, voire de se préparer mentalement ou physiquement.

Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le statut de l’aidant : ses rôles, ses droits,

Qu’est-ce qu’un aidant familial ?

Définition

Le terme « aidant » définit une personne qui accompagne au quotidien, et ce à titre professionnel ou non-professionnel, une personne âgée en perte d’autonomie, une personne en situation de handicap ou atteinte d’une maladie chronique. L’aidant intervient de manière régulière et fréquente pour aider cette dernière dans les actes ou activités de la vie quotidienne.

L’aidant professionnel est une personne formée, voire diplômée qui intervient quotidiennement au domicile de l’aidé pour contribuer à son maintien à domicile. Il peut s’agir d’un auxiliaire de vie, d’un travailleur social, d’une aide-ménagère, d’un garde à domicile, d’une infirmière ou d’un assistant de vie.

Comme son nom l’indique, l’aidant familial, aussi appelé proche aidant ou aidant naturel, fait partie de l’entourage proche de l’aidé ou d’une personne qu’il a choisie. Il peut s’agir d’un membre de la famille, dont les parents, les enfants, le conjoint ou des amis proches. Le proche aidant peut intervenir seul ou en complément des tâches réalisées par l’aidant professionnel.

Le statut d’aidant

Avec le vieillissement de la population et l’apparition des nouveaux besoins liés à l’âge, le nombre d’aidants a considérablement augmenté dans plusieurs pays du monde. On compte aujourd’hui près de 11 millions d’aidants familiaux en France. 63% d’entre eux ignorent qu’ils portent ce statut. Un statut qui ne jouit pas encore d’une reconnaissance juridique stricte, mais dont la reconnaissance constitue un enjeu majeur de santé publique.

Quoi qu’il en soit, la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015 a formalisé ce statut et a permis une meilleure reconnaissance des aidants dans l’accomplissement de leur rôle et les difficultés qu’ils rencontrent en conciliant leur vie quotidienne avec ce statut.

La reconnaissance des aidants

S’il est souvent nécessaire au maintien à domicile de l’aîné, le rôle d’aidant est aussi source de difficultés et peut atteindre à la vie sociale, sanitaire et personnelle de celui qui l’endosse. Voilà pourquoi, de nombreuses actions ont été entreprises depuis quelques années pour reconnaître ce statut.

La première d’entre elles est de donner une définition à ce rôle. Selon la loi sur l’ASV, l’aidant est « toute personne qui intervient de manière régulière et fréquente, à titre non-professionnel, pour accomplir en partie ou totalement des activités de la vie quotidienne d’un proche dépendant ».

Toutes les définitions qui sont aujourd’hui données à ce statut ont en commun ce caractère non professionnel, sa régularité, et son origine liée à la dépendance. Elles traduisent aussi le lien qui unit l’aidant à l’aidé. Si le lien de parenté est souvent mis en valeur, il peut aussi s’agir d’un lien de proximité (ami, voisin…). Dans tous les cas, le proche aidant ne perçoit pas de rémunération sauf s’il devient salarié de la personne aidée.

La reconnaissance des aidants implique aussi plusieurs aspects, dont le respect de la vie personnelle et professionnelle de l’aidant, la prise en compte du rôle qu’il joue par l’entourage de l’aidé et les autres intervenants ainsi qu’un meilleur accès aux informations et à du soutien.

Enfin, la reconnaissance des aidants passe aussi par la reconnaissance de leurs rôles et droits.

Quels sont les rôles de l’aidant ?

Le rôle joué par l’aidant n’est pas défini de manière stricte. Il dépend du contexte et peut varier selon plusieurs aspects, dont l’état de santé de l’aidé, la disponibilité et les capacités de l’aidant et le nombre de personnes pouvant intervenir en tant qu’aidants dans l’entourage de la personne accompagnée.

Dans tous les cas, le rôle de l’aidant est d’assister un proche en situation de dépendance ou de handicap dans de multiples tâches, telles que :

  • Les soins d’hygiène (toilette, habillage, coucher et lever…)
  • La préparation des repas
  • L’accompagnement lors des sorties
  • L’entretien de la maison
  • L’assistance dans les démarches administratives
  • La réalisation des courses

Hormis tout cela, l’aidant joue aussi un rôle de soutien affectif pour la personne aidée.

Vous l’aurez compris, accompagner un proche dépendant implique un gros investissement en temps et en énergie de la part de l’aidant. La durée du temps consacré à ce rôle peut aller de quelques heures par semaine à plusieurs heures par jour.  Selon les statistiques, 1 aidant sur 4 passe au moins 20 heures par semaine avec un proche dépendant.

Tous ces investissements, qui doivent aussi être menés en parallèle avec la vie personnelle et professionnelle, expliquent pourquoi l’aidant a tendance à s’épuiser physiquement, mais aussi psychologiquement. Différentes solutions ont donc été mises en place pour l’aider à assumer ce rôle. Parmi elles, on peut citer la possibilité d’avoir recours à un aidant professionnel pour avoir du répit, les aides proposées par les différentes structures et associations créées dans ce sens pour apporter du soutien psychologique aux aidants ainsi que les aides financières.

Mieux connaître les droits et aides à la disposition des aidants

Peu d’aidants se sont préparés à endosser ce rôle. La plupart subissent ce changement de manière soudaine, et même si la dépendance de leur proche s’est faite de manière progressive, ils ne pensent pas forcément à mieux s’informer sur ce changement et ce à quoi ils ont droit.

Les droits des aidants se présentent sous différentes formes :

Le droit au repos

En raison de la lourdeur des tâches liées à l’accompagnement d’un proche dépendant, différentes mesures ont été prises pour permettre à l’aidant de se reposer ou d’avoir du répit. Ce répit est essentiel pour lui permettre d’avoir du temps pour soi pendant que son proche est pris en charge, de préserver sa vie personnelle et professionnelle, d’éviter une relation conflictuelle avec l’aidé et de prendre du recul sur son rôle.

Parmi les solutions permettant à l’aidant de se reposer, on peut citer :

Le droit au répit

Instauré par la loi relative à l’ASV, le droit au répit est une aide financière permettant à l’aidant de prendre du repos en finançant des alternatives à l’aide qu’il apporte à son proche. Parmi ces solutions de répit, on distingue les structures d’accueil de jour ou de nuit, d’hébergement temporaire, les structures de services d’aide et de soins à domicile et les structures qui offrent de l’information et du soutien.

Le droit au répit couvre un montant maximum de 500€ par an, au-delà des plafonds de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Le congé de proche aidant

Afin de reconnaître le rôle des aidants, l’Etat a instauré une forme d’aide spécifique appelée « congé de proche aidant ». Ce congé permet à un salarié du secteur privé d’au moins 2 ans d’ancienneté de suspendre temporairement son activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap, de dépendance ou souffrant d’une maladie chronique qui entraîne une perte d’autonomie d’une gravité certaine. La durée de ce congé est de 3 mois renouvelable jusqu’à 12 mois sur l’ensemble de la carrière de l’aidant. Le congé de proche aidant peut se transformer en une activité à temps partiel à son terme. Au retour de son congé, l’aidant retrouve son emploi initial ou similaire ainsi que le bénéfice de son ancienneté.

Pour les fonctionnaires, le congé de proche aidant peut prendre la forme de disponibilité pendant une durée de 3 ans.

Le congé de solidarité familiale

Pour s’occuper d’un proche en fin de vie, un aidant peut aussi demander un congé de solidarité familiale. C’est un congé sans solde d’une durée maximum de 3 mois. Néanmoins, l’aidant peut percevoir une allocation d’accompagnement d’une personne en fin de vie pour 21 jours.

Le droit à la formation

Dans la majorité des cas, les personnes dépendantes ont besoin de soins qu’elles ne peuvent pas réaliser toutes seules. Ce sont donc les aidants qui les réalisent. A ce titre, ils peuvent bénéficier d’une formation dispensée par un professionnel de santé. La formation peut comprendre les gestes de premiers secours, l’accompagnement psychologique, les soins corporels, etc.

Les aides financières

Sous certaines conditions, l’aidant peut bénéficier d’une rémunération ou d’une compensation financière en remplacement de son manque à gagner en s’occupant d’un proche dépendant.

Si l’aidé est bénéficiaire de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), l’aidant peut recevoir une compensation financière à condition qu’il ne soit pas le conjoint, le concubin ou un partenaire pacsé de l’aidé. Un dédommagement à hauteur de 85% du SMIC horaire peut donc lui être versé.

S’il n’existe pas de lien marital ou de PACS entre l’aidé et l’aidant ou si ce lien ou un lien de parenté existe mais l’aidé est en situation de grande dépendance, l’aidant peut aussi demander à avoir droit au statut de salarié et à être rémunéré en fonction.

Les avantages fiscaux

En plus des aides financières mentionnées plus haut, l’aidant peut aussi bénéficier d’avantages fiscaux, dont un crédit d’impôt à 50% pour l’emploi d’un prestataire de services à la personne ou d’un salarié à domicile, une déduction forfaitaire pour l’accueil d’une personne âgée de 75 ans et plus et un crédit d’impôt de 25% pour l’installation d’équipements de sécurité et d’accessibilité dans le logement de la personne à aider.

Les associations de soutien

Pour connaître leurs droits, partager leur expérience et obtenir des conseils ou du soutien, les aidants peuvent aussi se tourner vers différentes associations pour les aidants. « Avec Nos Proches » est l’une de ces associations d’aide aux aidants.

Elle propose un service de ligne téléphonique qui apporte une écoute attentive aux aidants afin de leur permettre d’échanger librement, de parler de leur ressenti et de mieux gérer leurs émotions au quotidien. L’association a aussi une mission d’information et d’orientation sur les différents types d’aides à destination des aidants.

Autre article à lire sur le sujet : pourquoi bien vieillir chez soi et quand l’anticiper ?

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