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Quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants ?

Quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants ?

En Europe, le vieillissement de la population est devenu un enjeu social et politique majeur. Avec l’avancée en âge, la mobilité quotidienne diminue fortement. Les déplacements deviennent moins longs et leur nombre diminue pour les seniors. Cela s’explique par la diminution de la masse, de la force et de la puissance musculaire. Réduisant ainsi les capacités fonctionnelles, ces changements physiologiques entravent de manière notoire l’autonomie. Pour les seniors rencontrant un problème de dépendance, ils ont certes besoin de l’aide d’une tierce personne pour accomplir certains gestes au quotidien. A cause du manque de temps, ce service peut engendrer de multiples difficultés vis-à-vis des proches aidants.

Découvrez pourquoi la dépendance est une charge lourde pour les aidants et quels sont les impacts de ce service dans la vie de ces derniers.     

Qui sont les proches aidants ?

Continuer à vivre chez soi le plus longtemps possible est un souhait pour 90% des seniors. Pour favoriser le maintien à domicile, plus de 8,3 millions de Français se portent volontaires aujourd’hui pour accompagner les personnes en perte d’autonomie au quotidien. Les proches aidants viennent en aide aux aînés pour la prise en charge de tout ou partie des activités de la vie quotidienne, de manière régulière et fréquente.

La majorité des aidants sont des membres de la famille ou leur entourage. D’après le code de l’action sociale et des familles, le proche aidant d’une personne âgée peut être son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil, un parent, son enfant, un ascendant ou un descendant. Cela peut être aussi un collatéral jusqu’au 4e degré (oncle, cousin, neveu, nièce, tante) ou bien une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens stables et étroits.

Ils ne sont donc pas des professionnels et leur intervention est souvent bénévole et non rémunérée.

La dépendance, est-ce une charge lourde pour les proches aidants ?

La perte d’autonomie est un sujet qui touche la majorité des personnes âgées. Si ce phénomène peut survenir dans le cadre d’un handicap, d’une maladie ou d’un accident de la vie, il peut aussi apparaître avec le vieillissement d’autant que le risque de dépendance augmente avec l’âge. Les aidants sont donc des éléments essentiels pour les personnes dépendantes. Ils participent au maintien à domicile et à l’accompagnement de ces dernières.

Grâce à eux, les seniors ont l’opportunité de rester chez eux et avoir une vie décente.

Les aidants interviennent dans un premier temps pour une aide ponctuelle, c’est-à-dire les courses et les tâches ménagères. Mais selon le degré de dépendance du proche âgé, ils peuvent être amenés à assurer des tâches beaucoup plus nombreuses. Parfois, cela demande beaucoup plus de temps. L’accompagnement peut même transformer en travail à plein temps. Malheureusement, tous les aidants n’ont pas toujours la possibilité de s’occuper toute la journée de leur proche du fait de leur situation professionnelle ou géographique.

Mais soucieux d’aider leurs proches dépendantes, ils sacrifient beaucoup de choses afin d’être présents auprès d’eux le plus longtemps possible. En effet, cela engendre des bouleversements dans la vie de l’aidant et peut impacter la gestion de sa vie personnelle et professionnelle.

D’après une enquête menée par BVA-Novartis sur les proches aidants, 26% d’entre eux s’absentent de leur travail du fait de leur rôle d’aidant. 8% d’entre eux décident d’arrêter ou de réduire leurs activités professionnelles.

Quelles sont les conséquences de la dépendance pour les aidants ?

Vivre plus longtemps est une chance, mais aussi un enjeu pour la société et chaque famille concernée par un proche en perte d’autonomie. S’occuper d’une personne dépendante est un engagement et un facteur de risque pour la santé psychique et physique de l’aidant. Malgré la volonté et les efforts fournis par ce dernier, ils ressentent un sentiment de manque de considération de leur travail et une maltraitance passive par la personne à qui ils apportent leur aide.

C’est ce qui occasionne le plus souvent la fatigue morale, la dépression et l’épuisement chez eux. En jouant le rôle d’aidant, d’autres difficultés peuvent aussi se manifester.

  • Une santé fragilisée, car l’aidant est souvent victime de stress et de troubles de sommeil. Par-dessus tout, ce travail entraine la perte d’estime de soi et de la confiance en soi à cause de la maltraitance et du sentiment de culpabilité sous-jacent vis-à-vis du senior dépendant.
  • Une vie sociale appauvrie, car en s’occupant de son proche, l’aidant n’a plus de temps libre pour lui. Du fait de sa forte implication, il manque de temps pour ses sorties, ses loisirs, ses vacances. A ce titre, il va réduire son cercle d’amis et son cercle familial. Il se sent parfois isolé avec le sentiment de devoir faire beaucoup de sacrifices.
  • Des difficultés financières, car le fait de consacrer plus de temps à son proche peut fortement impacter la vie professionnelle. Pour faire face à leur rôle d’aidant, certains sont contraints de réduire leur temps de travail, voire même de démissionner.
  • Cela peut également constituer un frein à la réalisation de ses projets tels qu’une perspective d’évolution professionnelle, un voyage ou bien un déménagement.  

Quelles aides proposées aux aidants pour faciliter leur rôle ?

Près d’un tiers des aidants ont un emploi et souhaitent continuer à travailler. Néanmoins, certaines situations les obligent à consacrer tout leur temps à aider leur proche en perte d’autonomie. Pour que la dépendance n’engendre pas des bouleversements dans la vie des aidants, il existe aujourd’hui plusieurs solutions visant à concilier fonction d’aidant et activité professionnelle :

  • Le congé de solidarité, qui a remplacé le congé de soutien familial permet au proche aidant de cesser temporairement son activité professionnelle afin de s’occuper de la personne âgée en perte d’autonomie. Comme cela, il peut se consacrer entièrement à son proche dépendant, pendant une durée limitée.
  • Une loi relative à l’adaptation de la société de vieillissement reconnaît aux aidants un statut de proche aidant. Cette reconnaissance est accompagnée d’un droit au répit. Grâce à celui-ci, l’aidant peut prendre un temps de repos avec la possibilité de recourir à des solutions adaptées comme les relais à domicile, l’accueil temporaire des personnes en perte d’autonomie dans un établissement ou bien une famille d’accueil. Sa famille peut également lui offrir des séjours de vacances dans des centres adaptés où la personne dépendante est prise en charge par des professionnels. Ces différentes solutions permettent aux aidants de profiter de leur journée sans éprouver le sentiment de culpabilité.
  • Si le senior est bénéficiaire de l’APA ou l’allocation personnalisée d’autonomie, l’aidant peut profiter d’une allocation annuelle d’une somme pouvant aller jusqu’à 500€. Ce montant peut être augmentée en cas d’hospitalisation de l’aidant. Le senior dépendant peut également salarier son aidant familial à moins que celui-ci ne soit pas son conjoint ou un partenaire des Pacs. Pour cela, le senior doit déclarer l’aidant auprès de l’Ursaaf, mais il est aussi possible d’utiliser le chèque emploi services universel, qui lui permet de profiter des avantages fiscaux tels qu’une réduction d’impôts ou l’exonération des charges patronales. Ce dispositif est très intéressant pour les aidants qui ne peuvent plus exercer d’activité professionnelle.
  • En tant que salariés, les aidants peuvent aussi bénéficier d’autorisations d’absences ponctuelles, d’un congé de proche aidant ou d’aides psychologiques. Ces dernières constituent un moyen d’alléger les charges morales et émotionnelles qui pèsent sur le quotidien de ces aidants.
  • D’autres dispositifs de soutien psychologique peuvent être aussi mis en place afin de faciliter le rôle de l’aidant. Aujourd’hui, des plateformes de téléassistance sont disponibles 24h/24 en cas de besoin. Les aidants peuvent aussi participer à des événements organisés par diverses associations comme les cafés des aidants, les réunions animées par des psychologues visant à un partage d’expérience et à éviter le repli sur soi.

Aller plus loin : Comment mettre en place des services d’aide et de soins à domicile pour les personnes âgées ?

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