Aller au contenu principal
ehpad

Dépendance et Ehpad : le grand malaise

Les Assises nationales des Ehpad se sont achevées le 8 septembre avec beaucoup de déception de la part des professionnels du secteur du grand âge. Les chiffres sont têtus, d’ici à 2025 on estime que 2,2 millions de personnes âgées en perte d’autonomie auront besoin d’un accompagnement au sein d’un établissement ou à domicile.
L’urgence est donc de réinventer, d’anticiper, de créer des réponses adaptées à cette problématique qui s’aggrave. Or, c’est officiel la loi « Grand âge et autonomie » qui devait marquer le quinquennat d’Emmanuel Macron, de retard en retard, est définitivement enterrée. C’est ce qu’a annoncé le premier ministre Jean Castex évoquant cependant des mesures pour consolider la cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à l’autonomie et créée en janvier 2021. Ces nouvelles mesures seront dévoilées le 6 octobre prochain lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Bien que déçus certains professionnels préfèrent attendre un nouveau quinquennat plutôt que soit présenté un projet mal ficelé. Le directeur général de la Fédération nationale des organismes gestionnaires d’Ehpad et de services à la personne plaide pour une loi et non des mesurettes afin de construire les Ehpad de demain. « On continue à mettre des rustines sur un modèle qui date des années 90 » relève Didier Sapy. Pour Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), les prochaines échéances électorales seront un levier pour les professionnels afin de faire entendre leur voix.
Co-auteur d’un rapport sur l’Ehpad du futur, Luc Broussy a rappelé de son côté que « cette loi sur la dépendance a été annoncée par le président Macron en juin 2018, l’objectif a été réaffirmé régulièrement. Cela pose le problème de la crédibilité de la parole donnée ».
Les premières lignes…clairsemées
L’autre sujet, et non des moindre, abordé lors de ces Assises est la difficulté pour rendre les métiers autour du soin et de l’accompagnement des personnes âgées attractifs. Depuis déjà longtemps, le secteur peine à recruter. Salaires peu élevés, charge de travail, manque de reconnaissance couplés à une mauvaise image des établissements, on assiste à une fuite des effectifs accélérée par la pandémie.
Et pourtant, les équipes intervenant auprès des âgés ont été en première ligne ces derniers mois durant la crise sanitaire. Aujourd’hui et pour anticiper l’arrivée des baby-boomers dans l’époque du grand âge, le gouvernement espère attirer 350 000 personnes : aides-soignants, infirmiers, assistants à domicile…, dans le secteur du soin au personnes âgées. La question est également de répondre aux besoins du grand âge.
La ministre en charge de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a lancé le 6 septembre une campagne de communication pour susciter des vocations sur ces métiers « porteurs de sens ». Elle cible les 15-24 ans en recherche de formation, les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion. Il faudra cependant revaloriser les salaires pour attirer des personnels et prévoir des formations adéquates. Mais également, réfléchir à une meilleure qualité de vie au travail intégrant de nouveaux modes d’organisation et de gestion managériale. Et enfin, développer l’Ehpad « hors les murs » avec des services accessibles à domicile.
Changer d’échelle pour gagner en qualité et en satisfaction soignés/soignants, un vaste programme encore à concrétiser.

Cet article vous a-t-il été utile ?
Vu à la TV
Vu à la TV
et dans la presse
NF Service
Entreprise française
certifiée NF Service
Silver Culture
Créateur du fonds de
dotation Silver Culture
Recommandation
Recommandé par 17 000
professionnels de santé
reassurance-experience
Près de 20 ans d'expérience
à votre service
Retour en haut
Être rappelé Vos avis