Les retraités s’expriment sur leur situation

Les retraités s’expriment sur leur situation

La Carac, mutuelle d’épargne, de retraite et de prévoyance a diligenté en mars dernier une étude dédiée à la retraite. L’institut de sondage OpinionWay a interrogé des français de 55 à 75 ans. Voici les grandes lignes de l’enquête.

Globalement, les français retraités estiment que 61 ans est un âge adapté pour le départ en retraite même s’ils considèrent ce moment difficile à plus d’un titre : perte de pouvoir d’achat pour 55 %, isolement pour 12 %, perception négative pour 24 %. Autre élément saillant, 30 % des retraités pensent que « si c’était à refaire », ils se prépareraient plus tôt à ce changement majeur. 30 % estiment qu’ils se prépareraient 18 ans en amont !

L’éternelle question du pouvoir d’achat

Le manque de ressources constitue le point le plus délicat. En effet, 58 % des retraités s’estiment insatisfaits du montant de leur pension. Pour autant 60 % ont constitués une solution alternative et complémentaire de financement par le biais de l’épargne, de l’assurance-vie ou du Plan Epargne Retraite. 48% ont choisi l’épargne (livret d’épargne, CEL, PEE…), 17% l’assurance-vie, 12% l’immobilier, 9% le PER. En moyenne, le montant total épargné s’élève à 60 377€. 35 % ont effectué des versements réguliers et 17 % ont épargné 180 € par mois.

En parallèle, les retraités continuent à soutenir financièrement leurs enfants (67 %) et petits-enfants (42 %) soit une enveloppe annuelle de 1718€. L’aide se traduit sous forme de cadeaux (57 %), d’espèces (32 %), de vêtements (31 %) et de donations (26 %).

À côté de cette solidarité familiale, ils occultent souvent la prise en compte de leur perte d’autonomie même si cette problématique préoccupe 50 % d’entre eux. Seuls 25 % disent s’y préparer.

En moyenne, le montant de la pension de retraite représente 61 % de leur revenu professionnel. Il convient d’ajouter que la poursuite d’une activité professionnelle ou la mise en place d’une retraite complémentaire ne sont pas des options développées.

-Seuls 5% des Français retraités déclarent avoir une activité professionnelle non bénévole en parallèle de leur retraite et ce 10 heures par semaine en moyenne,

-3% d’entre eux ont reçu une aide financière de leur famille.

Le temps disponible, oui mais

Neuf français sur dix ont une vision positive de la retraite : temps, repos, plus de sérénité, seconde vie, possibilité d’aider ses proches...sont les principaux arguments. 41 % utilisent leur temps pour le sport et les voyages, 38 % s’occupent de leur petits-enfants, 31 % ont des activités culturelles et 23 % ont des activités liées au bénévolat. Cependant la moitié d’entre eux souhaiterait faire plus d’activités mais est freinée par le manque de ressources.

Sur la question de la perte d’autonomie, la moitié des retraités sondés la place en quatrième position. Ils sont d’abord inquiets par rapport aux conflits internationaux, à l’avenir de leurs enfants et petits-enfants, à leur santé et celle de leur conjoint. Un quart des personnes ont pourtant anticipé la perte d’autonomie dès 55 ans, 18 % entre 55 et 64 ans, 29 % entre 65 et 69 ans, 30 % entre 70 et 75 ans. Cette anticipation prend la forme de l’épargne (59 %), d’une assurance dépendance (31 %) ou de l’acquisition d’un bien immobilier (25 %). 62 % des retraités envisagent de faire appel à un service d’aide à domicile, 35 % prévoient des travaux d’adaptation de leur logement. 10 % évoquent le déménagement dans une résidence médicalisée et 7 % dans une maison de retraite.

Les conseils pour faire face

Les retraités soulignent que le cap de la retraite doit être préparé bien en amont. 58 % ne s’étaient pas préparés et 25 % le regrettent. En revanche, 44 % s’étaient informés soit auprès de leur caisse de retraite, auprès de leur entourage, de leur banque, de collègues, de leur assurance ou de leur mutuelle. 10 % ont réalisé un bilan épargne retraite alors que la grande majorité ignore ce dispositif.

Pour la moitié des interrogés, il est nécessaire de commencer à se préparer dès l’âge de 40 ans en allant s’informer afin de mettre en place des solutions financières permettant de compenser la baisse inéluctable des ressources une fois la retraite effective.